Comme tous les 1er du mois, le nouveau sujet du Bombay Blog est tombé, et me voila comme d’hab en train d’essayer de rédiger mon article a la dernière minute… Heureusement pour moi, cette fois, le sujet est assez explicite et je n’ai pas à réfléchir trop longtemps pour me mettre en route. En plus, voila un sujet pour lequel je n’ai pas voté, mais a propos duquel je suis curieux de lire les réponses de mes collègues blogueurs ! J’ai accumulé une bibliothèque raisonnable en 2 ans d’Inde, mais je ne pense pas avoir tari le filon de la littérature indienne, et je suis toujours à l’affut de bons tuyaux.
En ce qui me concerne, donc, si l’on n’exclut les inévitables Bombay Maximum City, analyse par un journaliste indo-américain de sa plongée dans les bas-fonds de Bombay, et Shantaram, équivalent plus romancé, je recommanderais :
- La Chambre des Parfums, d’Inderjit Badhwar. Retour et redécouverte de l’Inde par un Indien expatrié aux Etats-Unis. Confronté a la mort de son père, il tente de résoudre le conflit intérieur qui le déchire depuis son départ, entre hindouisme et christianisme, entre traditions familiales et philosophie occidentale. Partiellement autobiographique et magnifiquement rédigé, un coup de cœur.
- Le Tigre Blanc, d’Adiga Aravind. Probablement le livre le plus acide sur l’Inde contemporaine. Ecrit « au vitriol », comme l’on dit, il raconte l’histoire d’un enfant de l’Inde sombre (« the Darkness », dans le livre), celle des villages misérables, des autorités corrompues, sans avenir. Un enfant malin né au mauvais endroit, qui par chance ou malchance sera confronté a « l’Inde brillante » et sera tenté par elle. Le livre souligne comme personne le grand écart entre l’Inde qui réussit et celle que l’on abandonne derrière, avec les tensions et dangers que cela suppose. Ca en ferait presque froid dans le dos…
- Le Défi indien : Pourquoi le XXe siècle sera le siècle de l’Inde, de Pavan K Varma. Un des essais les plus intéressants que j’ai lu sur l’Inde. L’auteur, diplomate indien, s’emploie à réduire en bouillie les idées préconçues sur l’Inde, a grand renfort tant de références historiques et littéraires indiennes que d’exemples contemporains. Facile à lire, et vraiment intéressant pour qui veut comprendre un peu mieux certains comportements et réactions de la classe moyenne indienne.
A noter aussi, sur Bombay plus spécifiquement, L’équilibre du monde, de Rohinton Mistry, qui donne un bon aperçu du foisonnement humain qu’est Bombay. Et peut-être aussi The Argumentative Indian (non traduit en Français), d’Amartya Sen, brillante analyse de la démocratie indienne et en particulier du sujet brulant de la laïcité, par un Prix Nobel à l’impressionnante érudition.
Voila, je pourrais en rajouter pendant des heures, mais : 1, le sujet dit 3 livres seulement. 2, vous ne les liriez pas !