Mercredi 1 juillet 2009

Comme tous les 1er du mois, le nouveau sujet du Bombay Blog est tombé, et me voila comme d’hab en train d’essayer de rédiger mon article a la dernière minute… Heureusement pour moi, cette fois, le sujet est assez explicite et je n’ai pas à réfléchir trop longtemps pour me mettre en route. En plus, voila un sujet pour lequel je n’ai pas voté, mais a propos duquel je suis curieux de lire les réponses de mes collègues blogueurs ! J’ai accumulé une bibliothèque raisonnable en 2 ans d’Inde, mais je ne pense pas avoir tari le filon de la littérature indienne, et je suis toujours à l’affut de bons tuyaux.

 

En ce qui me concerne, donc, si l’on n’exclut les inévitables Bombay Maximum City, analyse par un journaliste indo-américain de sa plongée dans les bas-fonds de Bombay, et Shantaram, équivalent plus romancé, je recommanderais :

 

 

  • La Chambre des Parfums, d’Inderjit Badhwar. Retour et redécouverte de l’Inde par un Indien expatrié aux Etats-Unis. Confronté a la mort de son père, il tente de résoudre le conflit intérieur qui le déchire depuis son départ, entre hindouisme et christianisme, entre traditions familiales et philosophie occidentale. Partiellement autobiographique et magnifiquement rédigé, un coup de cœur.

 

 

  • Le Tigre Blanc, d’Adiga Aravind. Probablement le livre le plus acide sur l’Inde contemporaine. Ecrit « au vitriol », comme l’on dit, il raconte l’histoire d’un enfant de l’Inde sombre (« the Darkness », dans le livre), celle des villages misérables, des autorités corrompues, sans avenir. Un enfant malin né au mauvais endroit, qui par chance ou malchance sera confronté a « l’Inde brillante » et sera tenté par elle. Le livre souligne comme personne le grand écart entre l’Inde qui réussit et celle que l’on abandonne derrière, avec les tensions et dangers que cela suppose. Ca en ferait presque froid dans le dos…

 

  • Le Défi indien : Pourquoi le XXe siècle sera le siècle de l’Inde, de Pavan K Varma. Un des essais les plus intéressants que j’ai lu sur l’Inde. L’auteur, diplomate indien, s’emploie à réduire en bouillie les idées préconçues sur l’Inde, a grand renfort tant de références historiques et littéraires indiennes que d’exemples contemporains. Facile à lire, et vraiment intéressant pour qui veut comprendre un peu mieux certains comportements et réactions de la classe moyenne indienne.

 


 

A noter aussi, sur Bombay plus spécifiquement, L’équilibre du monde, de Rohinton Mistry, qui donne un bon aperçu du foisonnement humain qu’est Bombay. Et peut-être aussi The Argumentative Indian (non traduit en Français), d’Amartya Sen, brillante analyse de la démocratie indienne et en particulier du sujet brulant de la laïcité, par un Prix Nobel à l’impressionnante érudition.

 

Voila, je pourrais en rajouter pendant des heures, mais : 1, le sujet dit 3 livres seulement. 2, vous ne les liriez pas !

Par Thibault
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Mercredi 1 juillet 2009

Jeudi soir, il nous reste deux jours pour profiter du Ladakh, avant de revenir (certes tres provisoirement pour moi) à la monotonie (toute relative par ailleurs) du boulot à Bombay. Ne sachant pas trop quoi choisir entre toutes les possibilités qui nous sont offertes, nous joignons nos collègues trekkeurs, qui partent pour deux jours sur les rives du Pangong Tso lake, immense lac (130 km de long), a la frontière entre l’Inde et la Chine.

Nous partons donc le vendredi matin, direction Nord-est, vers la mystérieuse Changla Valley et le lac, fameux pour les couleurs changeantes de ses eaux bleues.

 

La route commence par l’ascension du Col de Changla, culminant à 5360m. Ca tourne pendant un sacre petit bout de temps, jusqu’au sommet, avec sa vue, magnifique, son verre de The, offert par l’armée, et ses installations sanitaires d’urgence, au cas où on ferait un œdème pulmonaire soudain en raison de l’altitude…


        


Nous redescendons ensuite vers la Changla Valley, désertique au point de présenter des dunes de sable par endroit.

 

       

 

       

 

       

 

Malgré cela, une certaine vie sauvage réussit à survivre, quelques chevaux mi-sauvages broutant les quelques brins d’herbe résistants, et des marmottes bien audacieuses, qui font oublier leur réserve jusqu’aux militaires, toujours omniprésents.

 

       

 

Finalement, nous atteignons le lac. Indescriptible.

 

 

       

 

       

 

       

 


 

Nous passons la nuit chez l’habitant, dans une des quelques bicoques qui constituent le village, ultime limite avant la frontière pour les étrangers. Le repas est l’occasion de tenter un contact avec la famille Ladakhi, et mon hindi s’avère bien utile a cette occasion, personne ne parlant anglais. Un peu frustrée de ne pouvoir communiquer plus avant, mes amis anglophones décident\ d’improviser un petit concert a cappella pour notre famille d’accueil. Apres avoir fait résonner « I will Survive », « Yesterday » ou bien encore « Cendrillon », aux oreilles de nos hotes, on ne pourra pas dire qu’on soit venu pour rien !


       

 

                                                    Hotel


 

       

 

                                  Deuxiemes plus belles toilettes du monde!


Et voila, cette fois c’est l’heure du retour, retour vers Bombay, retour vers la fin de mon contrat en Inde, retour vers la case Départ, en quelque sorte ! Sans toucher 20 000 francs. Mais avec des souvenirs plein les yeux…

Par Thibault
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Lundi 29 juin 2009

De retour à Leh, après ce début de semaine épique, nous cherchons un moyen de découvrir les environs et notamment les nombreux monastères ou Gompa parsemés dans les parages.

 

Oui, mais, pas de chance, c’est la grève. Et même l’émeute, dans la grande rue de Leh, ou les pierres se mirent soudainement à voler pour intimider les quelques restaurants et agences de voyage qui ont osé ouvrir leurs portes.

La raison en est simple. Il y a 30 ans, les Ladakhis, région isolée, coupée du monde pendant 9 mois par un hiver sans pitié, est oubliée du gouvernement indien. Les Ladakhis se mobilisent pour leur développement, et représentés a Delhi par l’équivalent local du Dalai Lama, Kushok Bakul Rinpoche, obtient le statut de OBC (Other Backward Classes) : ils sont notamment exemptés d’impôts, afin de favoriser le développement de la région.

 

Oui mais voila : aujourd’hui, le Ladhak est bien plus développé que bien des régions de l’Inde que j’ai pu voir, et certains, a Delhi, ont fini par s’en rendre compte. Et ont décidé, dans un geste d’un courage politique rare en Inde, de prélever de nouveau l’impôt sur les Ladakhis. Qui, dans une réaction typique d’un électorat indien habitué au clientélisme, est furieux et casse-tout.

 

Au milieu de la mêlée (tentant en vain de prendre une photo), je rencontrai, O hasard,  Jonathan. Jonathan est un jeune français, étudiant en Tibetologie, venu au Ladakh pour 2 mois afin d’améliorer sa connaissance de la langue (le tibétain et le Ladakhi sont censés être des langages très proches) et étudier les monastères locaux. Par un hasard assez remarquable, il vient de Rumilly, Haute-Savoie, et travaille l’été au refuge du Bonhomme, au-dessus de Bourg St-Maurice. Puisqu’on vous dit que le monde est tout petit.

 

Il nous propose de nous emmener voir les monastères qu’il connait par cœur le lendemain, et nous partons avec lui profiter de son impressionnante érudition.


 

                         

 

Les paysages sont toujours aussi spectaculaires, comme a la jonction de l'Indus et du Zanskhar.

 

                

 


En ce qui concerne le Ladakh, je pourrais aller dans les détails, mais cela deviendrait vraiment très long. Pour résumer,  le Ladakh est une région de l’état du Jammu-Cachemire, au Nord de l’Inde. C’est traditionnellement une région agricole, cultivant essentiellement de l’orge et de la moutarde, et ce malgré la courte saison chaude (3/4 mois). Les 8/9 mois restants de l’année sont passes cloîtrés chez soi, a l’exception de fêtes et festivals apparemment assez arrosés (il est vrai que si je devais passer 9 mois par an a rien faire, j’organiserais surement des soirées d’enfer !).


L'autre grande caracteristique du Ladakh, due a sa proximite avec les frontieres chinoises et pakistanaises, c'est l'armee, partout, omnipresente et omnipotente. Cependant, j'ai pu constate au cours du voyage que les soldats indiens presents au Ladakh etaient plutot plus cool que ceux dans le reste de l'Inde. Pour une raison que j'ignore, ils sont tres souriants, aiment bien prendre des photos des touristes (bon, surtout des filles, bien sur). On les a vu comme des petits fous prendre des photos de marmottes... et surtout, cette photo, parfaite illustration du soldat-cool:

 


 

               


 

Pour en revenir aux monasteres, bien que rattachée assez tôt au sultanat du Cachemire, la région n’en est pas moins bouddhiste. Ses monastères appartiennent en majorité au courant bouddhiste du Dalaï-lama, mais pas seulement. Les monastères se caractérisent pas des fresques démentes, comme extraites tout droit d’un délire des Pink Floyd (voir l’album photo, et pourtant ils n’ont pas l’air de fumer quoique ce soit…), et des architectures tres proches de leurs homologues tibétains (qui me font bien envie maintenant, d’ailleurs…)


 

         


            


            



            



            

 



         

 

 


 

         




Les monastères sont de grands centre d’étude, regroupant des centaines de parchemins, que les moines doivent souvent mémoriser par cœur (certains de ces parchemins ont d’ailleurs été réécrits de mémoire par les moines après avoir fui le Tibet). Les moines qui y habitent toujours y mènent une vie de contemplation (quand ils ne sont pas assaillis par des touristes curieux), partagées entre prière collective, étude et méditation

 

          

 

          

 

Preparation d'un Mandala, compositions geometriques formees a partir de sables colores: celui a mobilise 4 moines pendant plus d'une semaine, tout ca pour le disperser en quelques secondes d'une priere ad hoc!

 

 

                     
                            


Ce fut une drole de journee que cette plongee dans le boudhisme Ladakhi. Les odeurs d'encens se melent aux paysages lunaires du Ladakh, au milieu des chants liturgiques et des trompettes d'appel a la priere... Le genre de journee qui reste longtemps dans les memoires.
Par Thibault
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Namaste Visiteur!



Bienvenue sur mon blog, relatant mes frasques indiennes.

Je suis arrive le 2 Juillet 2007 dans ce pays de fous, pour une duree minimum d'un an.

Je m'appelle Thibault, je suis ingenieur, et je travaille pour un equipementier automobile. Je partage mon temps entre Mumbai, la "Maximum City", et un village au milieu de nulle part, dans le Madhya Pradesh.

Voila pour les presentations.



Ce blog est fait pour toi, et j'espere que tu apprecieras la visite. Merci cependant de respecter les regles ci-dessous:

- Si tu es un ami, merci de laisser un commentaire.

- Si tu travailles avec moi, merci de ne pas diffuser ce site aupres de nos collegues.

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Enjoy...

 

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