Apres un énième voyage en bus de nuit, j’arrivais à
Hospet. Une petite négociation a 5 heures du matin (c’est les meilleures…) pour aller a Hampi, trouver une guest house pour me poser etc… et me voila arrivé a Hampi, la cité
perdue…
Au lever du Soleil, le spectacle est grandiose. Il faut
imaginer ce paysage désertique et poussiéreux, hanté d’immenses blocs rocheux, donnant à la plaine sa configuration insolite. Parmi ces cailloux fantomatiques serpente paresseusement une rivière,
apportant une luxuriance verdoyante qui choque le regard parmi ces couleurs ocre. Et dans ce décor grandiose, dans l’aube naissante, les ruines de Vijayanagar.
Fondée par les princes télougous, rayonnant sur l’Inde
du Sud de 1300 à 1565, la ville abrita jusqu'à 500 000 âmes. Elle contrôlait le commerce local de coton et d’épices, mais ses bazars étaient aussi au centre d’un négoce international de pierres
précieuses, vers ou convergeaient des marchands venus aussi bien du Portugal que du Siam, d’Indonésie que d’Arabie. En 1565, au faite de sa gloire, et suite à des querelles de succession, la
ville est mise à sac. Pendant des années, Hampi est alors abandonnée, ville fantôme, jusqu'à ce qu’au 20e siècle les Indiens se réapproprient les ruines quasi
intactes.
Il faut donc imaginer arriver à l’aube dans Hampi
Bazaar : Au loin, le temple de Virupaksha. De chaque cote, les colonnades multi-centenaires abritant aujourd’hui le poste de police, une Guest House, ou bien une agence de voyage. Une ou
deux vaches sont encore endormies au milieu de l’allée, mais déjà quelques commerçants s’activent dans leurs échoppes, et les anciens (toujours les premier levés), prennent déjà le Cai (Thé) dans
l’obscurité. Sur la gauche, surplombant la ville, Hemakuta Hill allonge les ombres de ses innombrables ruines. Quelques singes matinaux jouent dans le Gopuram du Virupaksha Temple, haut de près
de 50m.
Mais ce n’est que le début. Apres avoir exploré les
environs (et pris un solide petit-déjeuner au « Mango Tree »), je me dirige, 2 kilomètres plus loin, vers Sule Bazaar, la petite sœur de Hampi Bazaar. A une exception près : a
Sule, personne n’est venu habiter les ruines. Au matin, en l’absence de tout visiteur, l’endroit est impressionnant, vierge de toute trace humaine récente. On se rêve explorateur, venant de
découvrir, à l’ abri des regards, ce joyau silencieux. On a le cœur battant, alors qu’on déambule bouche-bée, entre le temple d’Achyutaraya et l’allée principal. Le vide mystérieux de l’endroit,
dépourvu de l’animation d’Hampi Bazzar, laisse toute sa place à l’imagination, qui tourne a plein régime, recréant le brouhaha des commerçants, négociant a l’ombre des colonnades latérales, et
les chants rituels s’échappant des arcades du temple.
De la, on marche encore, 2 kilomètres de plus, sous le
Soleil qui devient brulant. Et l’on découvre le temple de Vittala, joyau de Hampi, parfaitement conservé. L’endroit laisse sans voix. Et sans mots. Des photos donc.
Hampi Bazaar est restée relativement tranquille.
L’endroit semble être reste a l’écart des circuits touristiques traditionnels, pour l’instant. Seuls les backpackers (routards) font le déplacement, et donnent a l’endroit une atmosphère assez
agréable, a la manière de Rishikesh, Pushkar, ou certaines parties de Goa : jeunes israéliens se remettant de leur service militaire, hippies échappés des années 60, voyageurs a budget
profitent de l’endroit, paisible et envoutant. Quelques faux sâdhus proposent aux crédules de les prendre en photo moyennant salaire, quelques charmeurs de serpent font montre de leurs talents.
Le matin, les hommes se lavent dans la rivière, sur les ghâts (quais) ou les femmes lavent le linge, et ou l’éléphante du temple, Lakshmi, prend aussi son bain, et accessoirement donne sa
bénédiction, contre une dérisoire roupie.
Encore un peu plus loin reposent les ruines de la cite
royale, qui a malheureusement plus souffert des outrages du temps. Seuls les dessins au sol rappellent la splendeur de la cite, a l’exception notable du Lotus Mahal, des étables des éléphants, et
de l’amusante baignoire royale, grotesque bassin géométrique alimenté par un aqueduc (voir toutes les photos dans l’album photo Karnataka).
Et voila, c’était déjà la fin du voyage (oui, ca semble
peut-être long parce que je fais durer le récit, mais les vacances n’ont dure qu’une semaine). Mais, pour finir en beauté, je rejoignais des amis à Goa, avant de rentrer sur Bombay. Au programme,
farniente sur la plage et grosses soirées le soir, agrémenté de quelques rencontres avec des types visiblement pas très clairs sur certaines réalités de la vie. Entres autres, d’intéressantes
conversations sur un portefeuille magique, qui se recharge tout seul, ou un débat sur « Les écouteurs d’I-pod sont-ils vivants ? Une explication alternative de l’entremêlement de vos
écouteurs pendant la nuit ».
J’adore ce pays…