Mercredi 7 novembre 2007

Ceci est le premier article officiel de mon blog, puisque les précédents sont en fait des mails recopiés ici. Une nouvelle ère s’ouvre donc aujourd’hui, pour mon plus grand bonheur, puisque je dispose désormais de ma connexion Internet. Jusque la, seule celle du boulot m’était accessible, avec un accès restreint. Je suis donc de nouveau un homme libre.

Une liberté qui m’a coûte rien de moins que 4 mois d’efforts, de flatteries, d’explosions intériorisées face a des fonctionnaires indiens sans scrupules, mais non sans ressources. Mais le yoga, parait-il, est fait pour cela, et c’est donc avec abnégation que j’ai relance ces bougres de mille sabord :

«  La connexion arrive lundi, promis »

Lundi : « la connexion arrive demain »

Demain : « Le livreur a eu un accident de voiture, et la carte a été perdue. On vous en renvoie une pour Samedi »

Samedi : « Quoi ? Vous ne l’avez pas reçu ? Je vérifie et je vous réponds Mercredi »

Mercredi : « Effectivement, elle s’est perdue, je vous l’envoie Lundi »

Lundi : « … »

 

Apres trois mois d’attente, un kit de connexion arrive… et ne marche pas.

 

Un mois plus tard, enfin, le kit arrive, fonctionne, et…mon disque dur se crash en beauté :

 

« AAAAAAAAARRRRRGHHHHHH !!!!!!!!!!!!!!!! »

Dis-je.

 

Finalement, apothéose d’une épopée comme seule l’Inde en a produit (c'est-à-dire longue : La Mahabharata fait 8 fois l’Iliade et l’Odyssée réunies), mon accès Internet fonctionne et me permet de publier cet article, du moins jusqu'au prochain phénomène informatique extrême, parait-il de plus en plus fréquents.

 

En dehors de cela (et quoique que ce soit peut-être lié, via l’aide d’un certain facebook) un déclic a eu lieu : j’ai enfin rencontre des gens super sympas, jeunes, actifs, qui sortent le soir… Ils sont bien sur a Mumbai, et nous avons passe quelques soirées bien agréables et arrosées ces derniers jours (voir photos). J’attends d’autant plus de pouvoir revenir à Mumbai, histoire de refaire un peu la fête. Cela fait vraiment du bien de rencontrer des gens avec qui passer du temps en-dehors du boulot, a l’age et aux aspirations comparables. Mumbai, I am coming !

 

Un petit point boulot pour la route : pour ceux qui n’ont pas compris ce que je faisais (ma mère, mes amis, mes collègues, mon patron…), je monte la filiale indienne d’un équipementier automobile, en collaboration avec un commercial indien, qui se charge notamment des aspects comptables et légaux, Dieu merci. Ca inclut tout et n’importe quoi, comme explique précédemment, et c’est ça qui est génial.

 

Cela dit, point trop n’en faut, et demain, c’est le début des vacances d’hiver indiennes. Je file donc en vacances du cote du Rajasthan: randonnées en chameaux au milieu du désert et forteresses imprenables m’attendent, camouflées au milieu des mille et unes catastrophes et plans foireux que je ne saurai éviter (un voyage en Inde sans galères, ce serait comme, comme… comme un brownie sans coulis de chocolat, comme une fondue savoyarde sans fromage, comme un cassoulet light !)

 

Voila, l’article est complètement décousu, mais j’ai passe mes dernières nuits a mettre en place le blog avant de partir en vacances, et deux heures de sommeil par nuit, surtout plusieurs nuits de suite, ne sont pas suffisantes pour permettre l’émergence d’une pensée cohérente au sein d’un organisme pluricellulaire, fut-il extrêmement évolué.

 

Sur Seux (He he, private joke), je vous salue bien.

 

 

P.S : Pour une raison inconnue, des crapauds persistent à se glisser sous ma porte et à se réfugier dans mes chaussures de sport, à l’atmosphère pourtant passablement toxique. Si quelqu’un une explication ou une solution a ce phénomène qui a déjà coûte la vie a plusieurs crapauds lors de l’enfilage des chaussures en question…

 

P.P.S : comme personne n’a relevé les citations de l’article précèdent (si ce n’est mon frère, deux sur trois : bizarre, on a la même culture bidon), je n’ai mis que des photos ou je suis présentable. Tant pis pour vous.


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Si si, je suis aussi sur celle-la, tout au fond, au bar...

par Thibault
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Dimanche 14 octobre 2007

Dear all,

Comme annonce, au lendemain de cette demi-finale de coupe du monde de rugby qui vous a tire, j'en suis sur, quelques larmes (sinon vous n'avez pas de cœur)  je vous délivre une analyse en règle (et en pantoufles) des programmes TV locaux, aussi kitchs et chaotiques qu'une gare indienne a 4 heures du matin.

 
En tête des scores d'audience : Bollywood. Alors je sais ce que vous allez penser, Thibault craque, Bollywod c'est nul, c'est que des histoires hyper prévisibles dégoulinantes de bons sentiments avec des musiques et des danses pas possibles. Et vous avez raison pour environ 50% des cas. Mais Bollywood c'est aussi des histoires hyper prévisibles dégoulinantes de bagarres ridicules, de retournements de situation abracadabrantesques, de scènes d'action chimériques, de coups de poing plus rapides que le son (si l'on en juge au doublage) et j'en passe. Regarder Bollywood, c'est accepter qu'une troupe de chanteurs gospels puissent passer en chantant devant les pyramides d'Egypte juste au moment ou vous déclarez votre flamme a votre belle inaccessible, c'est savoir entraîner la foule d'une rue indienne spécialement habillée pour l'occasion dans une danse pour le pardon de votre belle-mère, c'est accepter que d'un film a l'autre, un acteur soit chef de projet a la Nasa, star de cricket, parrain de la mafia, et que le personnage secondaire, qui était son père dans le premier film, devienne son frère dans le second, puis son fils dans le troisième. En bref, regarder Bollywood c'est oublier la peur , le doute, et la vraisemblance, et se taper des bons délires a les regarder a plusieurs (les regarder seul, c'est déjà moins drôle).
 

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Les stars de cette industrie sont adulées, se font élever des temples a leur nom, rassemblent des foules devant leur maison en évoquant une possible apparition au balcon… Bref, c'est la folie.

Produit dérive de cette Bollymania, un grand nombre de programmes du type Le concours de celui qui chante le mieux comme dans Bollywood (au moins 4 Star Academy du genre), de celui qui danse le mieux comme dans Bollywood (deux programmes), celui qui joue le mieux comme dans Bollywood (trois programmes)…

 Deuxième principal programme télévisuel : Le cricket. Alors la aussi, je sais ce que vous allez penser : ça a l'air chiant. Et la, vous etes loin du compte. Pour vous donner une idée, un résume des règles : Le cricket c'est un mec qui lance une balle, et un autre qui frappe la balle avec sa batte. Plus l'équipe du lanceur met de temps a rattraper la balle, plus l'équipe du batteur marque de points (un peu comme au base-ball). Maintenant si on rentre dans le détail de l'organisation d'un match (format traditionnel), un match de cricket c'est :

-          Une équipe lance 1500 fois la balle

-          L'autre équipe lance à son tour 1500 fois la balle

Ca dure 5 jours et celui qui marque le plus de points a gagné (un peu de logique, on voit que c'est pas les indiens qui ont inventé le jeu).

Autant dire que suivre un match de cricket, ça demande du  cœur, de la détermination, et une bonne dose d'ennui préalable. Conscient de la difficulté de médiatiser un tel format, la fédération a réduit la durée a 300 balles (un jour) et tout récemment a 120 balles (environ 3 heures), ce qui rend un humain normalement constitue et n'ayant rien a faire a peu près capable de suivre la match en entier. Les autres formats continuent cependant d'exister, pour les addicted.

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Mais ce n'est pas tout, la TV indienne c'est aussi :

-          Des journaux télévisés résumant les infos liées aux matches de cricket, à la vie des joueurs de cricket, et à la vie des stars de Bollywood.

-          Des pubs mettant en scène des joueurs de cricket et des stars de Bollywood.

-          Des documentaires sur la vie des joueurs de cricket et des stars de Bollywood.

 

De cette uniforme grille des programmes se détachait malgré tout, et ce grâce aux services d'une chaîne privée du câble (Neo sports +) LA COUPE DU MONDE DE RUGBY ! Je n'ai pu voir que les quarts et la demi, mais ces deux occasions ont été riches en expérience :

-          Quart de finale, a Bombay, dans le seul bar qui diffusait le match (il faut préciser que la chaîne est extrêmement peu répandue), ou comment rencontrer tous les français de Bombay, bourres a la bière, suivis d'un gros after et d'un brunch dans un hôtel 5 étoiles ou tu réattaques au champagne a 11 heures du matin.

-          Demi finale, a Jalgaon, perdu dans la campagne chez un fournisseur crasseux. En désespoir de cause, je décide d'errer dans les rues a la recherche d'un bar que je pourrais convaincre de diffuser le match (pour chercher un bar avec une TV câblée a minuit dans la campagne indienne, il faut une sacrée dose de désespoir). Et la, non loin des bûchers crématoires encore rougeoyants (non, je rigole pas) une tache éblouissante de blancheur flamboie au loin. Interloqué par cette providentielle apparition, je coure après le maillot de rugby anglais comme un mort de soif après un mirage. Et c'est donc par miracle que je finis chez deux anglais, travaillant dans une ONG locale, pour regarder le match (ils se sont abonnes au câble spécialement pour l'occasion). Bon bien sur, vu le match, c'était pas vraiment la peine de se déplacer, surtout pour le regarder avec des anglais (Wilkinson enc… Sorry, beautiful game, gentlemen). Mais bon, j'aurais eu les nerfs de l'avoir loupé.

 

Sinon je vais quand même vous parler de mon boulot, vu que ça représente, a mon grand regret, mon activité la plus importante. L'implantation se déroule tranquillement, je voyage beaucoup en ce moment, entre Bombay, Delhi et Bangalore, pour visiter des clients et des fournisseurs. Bombay, ses bars lounge, son hyperactivité et son espace sature, son marche immobilier complètement fou (compter environ 2500 euros de loyer pour un 45 mètres carre dans le centre, a mettre en relation avec le niveau de vie local) ; Delhi, et son contraste étourdissant entre ses bidonvilles et ses grandes avenues aux boutiques luxueuses abritant les représentants de l'Etat et tous les suiveurs d'un gouvernement rompu a la corruption ; et Bangalore, ses parcs, ses grandes avenues avec trottoirs, des trottoirs ou tu peux marcher, sans tentes, sans mendiants, sans vaches sacrées, sans enfants bangladais vendant de la drogue et des baudruches.

L'autre bon cote de voyager c'est de pouvoir rencontrer pas mal de  jeunes indiens des villes, dont le contact est tout de même plus facile que dans les campagnes. On est donc pas mal sorti sur Bombay, avec des jeunes du boulot, dans des bars complètement fous, ou la bière coûte a peu près l'équivalent du SMIC local (non officiel, ici y a pas de SMIC), dans des décors invraisemblable, genre immense atelier textile réaménagé, 12 mètres de plafond, des sculptures partout et un bassin a débordement au milieu… 

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 A part ça, je travaille quand même beaucoup, le samedi, parfois le dimanche, mais c'est hyper intéressant (vivement quand même ma prochaine semaine de vacances, en Novembre !). Une grande première : j'ai mon propre consultant, censé m'aider a implémenter la certification qualité TS (comprenne qui pourra). Une autre première est a venir, je pense: virer mon consultant, parce qu'il glande pas grand-chose, je trouve. Enfin, je le comprends, j'ai fait pareil, mais cette fois c'est moi qui paye… ;)

Pour résumer, je bois toujours du thé, je négocie des prix, je traque l'info stratégique (merci google), je manage ma petite équipe de production quand j'ai des nouveaux produits à développer (pas si souvent pour l'instant), je fais croire a des collègues que je suis un expert dans leur domaine (comme me l'a dit un consultant venu nous donner un cours a Supaero : « Tu dis ça avec un aplomb incroyable, alors que tu en as pas la moindre foutue idée »  -> principe de base de l'ingénieur débutant, on sait jamais, sur un malentendu ça peut marcher). C'est gérer une équipe d'indiens qui me pose le plus de problèmes : travailler avec des gens qui emploient le même mot pour dire hier et demain, et pour qui travailler se traduit littéralement par « faire moins », c'est pas simple.

Mais bon, j'apprends plein de chose et, voyageant, je découvre les us du pays des sortilèges, donc c'est assez plaisant.

 

Bon, assez discute boulot, assez discute tout court, bon vent, vive la République, Vive la France, et a mort Wilkinson!

 Best regards,

Bye

 

P.S : Un grand bravo à notre gouvernement pour son courageux combat, dans le cadre de la simplification législative, contre la fraude sur le guignolet, qui, de nos jours encore, fait des ravages.

P.P.S : Un certain nombre de références culturelles, à la pertinence plus ou moins douteuse, se sont insérées dans le mail ci-dessus. Si vous trouvez les trois citations, vous aurez droit à une photo de moi pas très frais. Des détails personnels, comme votre situation professionnelle ou sentimentale, peuvent être inclus dans le mail de participation (voila qui, je l'espère, me vaudra un certain nombre de réponses).

par Thibault
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Vendredi 28 septembre 2007

Salut les français !

 J'espère que vous supportez l'automne, ici c'est l'été indien, il fait entre 30 et 34 degrés tous les jours, un beau ciel bleu, et j'en ai profite pour prendre une semaine de vacances, direction l'Himalaya et les sources du Gange, à une vingtaine de kilomètres de la frontière Tibétaine, prendre un bol d'air frais.

Apres un avion et une nuit en train, me voici aux pieds de l'Himalaya, dans une des villes les plus sacrées de l'Inde, Haridwar, avec le désagrément d'attirer toutes les malformations et maladies possibles et imaginables, et croyez moi les Indiens sont imaginatifs (membres atrophies ou hypertrophies, aveugles aux orbites vides, lépreux…) : pas facile a supporter a 6 heures du matin a la descente du train. Apres m'être un peu balade dans les forets alentours (la ville est au centre d'un parc naturel, pleine de betes sauvages), j'assiste a la cérémonie d'adoration du Gange au crépuscule : les offrandes, enflammées puis posées sur le Gange, éclaire les gens qui se jettent dans le Gange, pleurant de  joie de se purifier ainsi de leur peches… c'est assez magique. Du coup je me suis trempe dans le fleuve (enfin la partie inférieure, il fallait que je garde mes affaires a la main – et puis après tout c'est la que se concentre l'essentiel de mes péchés…) 

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Ceremonie d'adoration du Gange

Le lendemain (ou plutôt quelques heures plus tard), je me motivais pour prendre le bus de 3 heures du matin pour Gangotri, dernier village a 20 km avant les sources du Gange. Le trajet (10h de bus prévues) fut bien le cauchemar annonce, coince dans le bus bonde sur une route absolument magnifique, avec des vues a couper le souffle, mais dans un état impossible, et avec des virages vraiment tordus, qui eurent pour effet de faire vomir les indiens partout (comme mon voisin sur moi par exemple). Pire, vu le retard accumule, le chauffeur de bus décida de s'arrêter après 10 h de bus, estimant que l'on avait plus le temps d'atteindre la destination avant la nuit, et nous planta dans un village sur le chemin. 

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Contreforts de l'Himalaya

« Marins d'eau douce, bachi-bouzouks, ectoplasmes ! », m'écriai-je (ça c'était pour justifier le titre de l’article).

Pas prêt a me laisser arrêter par de pareilles inepties, j'arraisonnai une jeep passant par la, et la providence m'envoyait mon sauveur : un facteur hollandais de 60 ans, la crinière blanche et luxuriante, des piercings gothiques un peu partout, adepte de méditation transcendantale et plus qu'un peu défoncé, mais bien détermine a monter a Gangotri coûte que coûte. Aussi, après avoir convaincu le chauffeur de la jeep (avec arguments sonnants et trébuchants), nous arrivâmes à Gangotri, après 18 heures de routes, du vomi sur mon pantalon et mon sac, et je m'effondrai sur mon lit.

 Le programme était simple : Le lonely planet annonçait pour rejoindre les sources un trek de 40 km, 1200 m de dénivelé positif, soit 16 heures de marche qu'ils conseillaient de repartir sur 3 jours. J'avais prévu de le faire en 2 jours, 8 heures par jour, ça me semblait faisable. Mais vu le retard accumule dans le trajet, il ne me restait qu'un jour et demi. J'avais donc le choix entre faire une petite ballade d'un jour, sans aller jusqu'aux sources, ou retarder mon planning, au risque de louper mon vol de retour. Je me résignais donc à la première solution, et me réveillait tôt pour profiter de ma journée.

Mais discutant avec les guides locaux au petit matin, je pris conscience de la troisième alternative secrète, celle du trekkeur kamikaze, 40 km dans la journée, aller et retour aux sources avec retour de nuit et éclairage au briquet ! Plein de fougue, je me lançais donc dans l'ascension, malgré le souffle court (le trek démarre a 3000 mètres) et la fatigue de la veille. Mais ça en valait la peine : trek rondement mené en dix heures, retour avant la nuit (même pas eu besoin de m'éclairer au briquet), je m'en suis mis plein les mirettes et plein les jambes (les derniers kilomètres m'ont, j'avoue, un peu achevé), bref, les Savoyards sont les plus forts ! (Pardonnez moi cet étincelle de régionalisme sauvage). Ca m'a quand même fait un peu bizarre d'arriver a 4200 mètres et de voir tous ces sommets qui me regardaient de très haut (un des sommets autour des sources culmine a 7800 mètres). Mais la journée était vraiment géniale, avec des paysages magnifiques, et j'ai pu confirmer un truc complètement fou qu'on m'avait raconte: a chacune des étapes du trek, entre 3000 et 4200 m d'altitude, perdu dans l'Himalaya, on peut toujours trouver du Coca, et on vous sert votre thé dans un mug Starbucks. Si ça c'est pas de l'impérialisme… 

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Glacier de Gaumukh, sources du Gange

 De retour au village, je cherchai un moyen de redescendre dans la vallée, et tombai par hasard sur un couple de russes, avec qui nous décidâmes de louer une jeep pour le retour (le voyage aller en bus m'avait suffi). Avant de vous parler de ce couple de russe, une explication s'impose : la prochaine étape, Rishikesh, et d'une manière plus générale la vallée du Gange, est la capitale mondiale du Yoga, et disons, d'une certaine spiritualité : les centres de méditation pullulent, et les Beatles eux-mêmes sont venus composer quelques chansons dans un ashram de Rishikesh. Du coup, tous les djunkies et les paumes du monde viennent dans cette ville au bord du Gange, au pied de l'Himalaya, pour essayer de trouver un sens à leur vie, atteindre le nirvana et autres objectifs métaphysiques plus ou moins fantaisistes.

Discutant donc avec mon couple de russe, je réalisai rapidement qu'il s'agissait de deux spécimens que l'on pourrait qualifier d' « érotomanes ». Eux jugeaient suivre le Tantrisme, mais a part si ça signifie essayer des positions du Kama sutra en étant complètement défoncé (et je crois que le tantrisme est quelque chose de beaucoup plus codifié et ritualisé), je pense qu'ils s'envoyaient seulement en l'air. Bref, après des heures de fous rire contenus en écoutant leurs histoires (entrecoupes quand même de moments d'extrême attention), nous arrivâmes a Rishikesh, ville a l'ambiance assez géniale. Il y a une foule d'occidentaux, de tout age (nymphomanes russes, facteurs hollandais déjantes et autres allumes de tout poil), qui viennent pour poursuivre leur quête spirituelle. La beuh coule a flot (ça pousse de partout, comme des pâquerettes !), les cybercafés permettent aux pseudo yogis de rester en contact avec leurs amis, et les restaurants indiens servent de la pizza et du Bœuf bourguignon au bord du Gange, avec musique sacrée en live. Bref, c'est assez délirant. 

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Moines de mon Ashram

 Mais mon périple au bord du Gange touchait à sa fin, car j'avais prévu deux jours à Delhi, avec une étape au Taj Mahal. J'arrivai donc après une nouvelle galère de train (4 heures de retard, ce qui me semble finalement être le retard moyen d'un trajet en Inde,quelque soit sa longueur), dans Old Delhi, la ville des voleurs. Ici, vous vous sentez vraiment comme un gros portefeuille, l'immémoriale commission indienne prend des proportions dantesques (100, 400, 600%, voire dix fois le prix réel), et on s'épuise a marchander pour tout et rien, a repousser les offres bidon de milles et un vendeurs aberrants (cheap mes cobras, cheap…), et a ignorer comme on peut les mendiants omniprésents. La misère est effrayante dans son acceptation par les habitants de la ville, tout le monde s'étouffe dans la pollution, et hurle dans le chaos de voitures, bus, camions, auto-rickshaws, cyclopousses, vaches qui se disputent la chaussée. Tout est noir et gris, sauf les étals de vêtements et de légumes, et la Mosquée est une oasis bienvenue de paix et de calme dans cette ville inhumaine. 

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Mosquee de Delhi

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Heureusement, il y eut l'aller retour au Taj, qui est vraiment aussi beau que sur les photos. Je vous en ai quand même mis deux, bien qu'elles valent pas n'importe quelle photo tirée d'Internet, mais ça vaut vraiment le coup de le voir en vrai.


 

undefined Et voila, retour à Mumbai, après cette petite semaine de vacances épuisantes, mais géniales. Comme je fais bien les choses, je suis arrive a Mumbai le dernier jour du festival de Ganesh Chaturti (le « Noël » des hindous), qui coïncidait pour mon bonheur avec l'arrivée a l'aéroport de l'équipe nationale de cricket, tout juste victorieuse de la coupe du monde en Afrique du Sud: il y avait 800000 personnes a l'aéroport. On peut comparer ça à essayer de prendre un train à la gare RER de Châtelet les Halles un matin de grève des transports, mais avec des gens contents partout. Les bidonvilles étaient décores de guirlandes lumineuses, ce qui les rendait encore plus glauque.

 Bon voila, comptez pas sur autant d'aventures a chaque fois, c'est beaucoup trop fatigant. La prochaine fois, je vous détaillerai les programmes TV indiens, et les règles du cricket (à la TV encore), et autres occupations qu'on peut faire de son lit, en pantoufle !

 A bientôt (je dirais même plus, à très bientôt !)

 

P.S : Ici, les consultants, quand ils arrivent on leur offre un collier de fleur : pourquoi j'ai pas eu ça a Air France moi ?

P.P.S : Les Russes, pour relancer la natalité, ont crée un jour férie consacre au sexe : ça tombe pile neuf mois avant la fête nationale, et les couples dont les enfants naissent le jour de la fête nationale se voient offrir des cadeaux : premier prix, un tracteur ! On est vraiment en retard en France sur les problèmes de société….

par Thibault
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Namaste Visiteur!



Bienvenue sur mon blog, relatant mes frasques indiennes.

Je suis arrive le 2 Juillet 2007 dans ce pays de fous, pour une duree minimum d'un an.

Je m'appelle Thibault, je suis ingenieur, et je travaille pour un equipementier automobile. Je partage mon temps entre Mumbai, la "Maximum City", et un village au milieu de nulle part, dans le Madhya Pradesh.

Voila pour les presentations.



Ce blog est fait pour toi, et j'espere que tu apprecieras la visite. Merci cependant de respecter les regles ci-dessous:

- Si tu es un ami, merci de laisser un commentaire.

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