Mardi 21 août 2007
Comme vous en avez certainement entendu parler, ici il pleut. Il pleut même beaucoup, dans l'état voisin du Bihâr on parle, comme en 2003, de 1800 morts au moins dus à la mousson, et probablement beaucoup plus dus aux famines, maladies et piqûres de serpents afférentes. Voila pour les bonnes nouvelles. Bon, de toute façon dans le Bihâr y a que des pauvres, ils avaient qu'à avoir des bateaux…

Dans mon Etat, c'est juste une inondation normale, il y a 50 cm d'eau, et malheureusement les 4*4 passent encore, nous privant du charme tout colonial d'une croisière entre l'appartement et le boulot (ou pourquoi pas d'une chaise a porteur ?) Ca doit être moins agréable pour les villageois du coin dont la plupart des habitations sont en torchis avec des sols en terre battue, et qui doivent vivre dans une boue permanente.

 Bon, pour reprendre le fil de mes histoires, il y a quelques jours, l'occasion m'a été donne de découvrir un nouvel aspect de la civilisation indienne, le train. Et comme j'avais décide de commencer fort direct, j'ai pris un train de nuit, direction l'usine d'un fournisseur.

Alors, la différence fondamentale, bien qu'en apparence insignifiante, c'est que les compartiments ne sont sépares du couloir que par un rideau. Ce détail, associe a la petitesse des lits, et aux arrêts fréquents du train (ici les trains de nuit ne sont pas directs), a une conséquence majeure : Les passagers montant et descendant du train a toute heure de la nuit effleurent fatalement la plante de vos pieds qui dépassent dans le couloir, empêchant de dormir même un prodige du sommeil tel que moi, pourtant capable de résister aux tentatives de réveil des pires succubes voulant me chasser de leurs lits.

 J'arrive finalement à 4 heures du matin a Jalgaon, pour réaliser que contrairement a ce qu'on m'avait dit, personne ne m'attend à la gare. N'ayant aucun numéro de téléphone a appeler, j'en suis réduit a m'installer dans la gare, allonge sur mes bagages, et a attendre l'arrive des premiers rickshaws (taxi triporteur marchant a air comprime, pilote par des dingues), au milieu de pleins de gens : mendiants, charmeurs de serpent aux paniers sifflants et remuants, enfants des rues lorgnant mes mollets, etc...

 Apres avoir visite un fournisseur produisant dans une espèce de hangar dont on se demande comment le plafond tient encore, et dont le patron, quand il pensait que je ne regardais pas, balançait des claques à ses ouvriers parce que j'avais fait remarquer qu'il y avait des défauts dans les produits, je pris le parti d'arrêter une seconde les plans galère, de revenir, par avion, vers Mumbai, la civilisation, et accessoirement la compagnie d'anglophones, et même de francophones via l'ambassade. 

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 J'en ai profite pour visiter le tout Mumbai, temples et mosquées, bazars et cafés, (mention spéciale pour le marche aux viandes, et tout spécialement aux vendeurs qui te collent sous le nez des têtes de chèvres toutes fraîches), ainsi que les Elephanta Island, voir photos, ou l'on peut admirer des grottes sculptées en l'honneur de Shiva, dans un écrin de jungle émeraude et blouissant. A part ça rien de nouveau, si ce n'est l'entremêlement extrême (et le malaise qui en découle) de quartiers terriblement pauvres (genre le quartier des pécheurs, « gloomy » comme dit mon collègue), et des quartiers de bourgeois, touristes ou stars de cinéma. 

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En dehors de ça, petites balades sur la plage, massages de tête (ça parait bizarre, et en fait ça l'est) et petites découvertes culinaires, bref quelques jours en ville bien agréables, et en prime, la poursuite des mes amours avec le train indien. L'heureux élu fut cette fois le train de banlieue de Mumbai, dont la mairie a établi qu'aux heures de pointe la densité dans ces trains flirtait avec les 14 personnes/mètre carre. On s'y découvre des ressources insoupçonnées (méditation, voyage astral… où comment oublier que ses pieds ne touchent pas le sol).

 A ce court récit de mes occupations récentes, j'aimerais ajouter quelques remarques a but pédagogique concernant les étrangetés indiennes notées ici et la lors de mes contacts indigènes:  

-           Dans une piscine, les indiens ne font pas des longueurs, ils font des tours de piscine, ce qui demande aux gens faisant des longueurs une vigilance constante.

-           Les Indiens adorent les billets de banque : comme ils ont des billets 10 cents, 20 cents, 1 Euros, 2 euros…, ils accumulent les petites coupures plutôt que les gros billets, et passent des heures a compter des liasses épaisses comme un Larousse illustre pour payer une paire de chaussure ou un T-shirt.

-           Les indiens ont des goûts musicaux allant du potable au franchement imbuvable. En matière de musique indienne, la plupart n'écoutent que les musiques de film Bollywood, à l'image des films en question, kitsch et a l'eau de rose. Les plus cultives s'intéressent a la musique occidentale, avec des perles comme Britney Spears, Shakira, Céline Dion, J-Lo, et plus étonnants, des réminiscences (ou devrais-je dire régurgitations) de Ricky Martin, ou pire encore, des Backstreet boys. Cette passion largement répandue pour les Backstreet Boys, de la part d’une partie cultivée de la population, ne lasse pas de surprendre.

-           L'emploi du temps indien typique : Lever a 5 heures, 1h30 de Yoga, 1h30 de prières, avant de songer enfin a prendre un petit-déj et d'aller au boulot. Comment voulez-vous qu'ils aient l'air sains d'esprit ?

-           J'ai acheté du dentifrice indien, aux herbes, avec des vrais morceaux d'herbe a l'intérieur ! Ca surprend, d'autant que le goût se rapproche d'un mélange d'eau de mer et de blanc d'œuf cru, très goûtu. A noter, la mention « pure veg », au contraire de nos dentifrices occidentaux aromatises a la cote de porc.

 

En dehors de ces petites et charmantes differences culturelles, le sujet le plus visible et le plus frappant concerne les relations entre garçons et filles. Je tiens cependant à préciser que pour l'instant je n'ai pas eu l'opinion de la part des filles indiennes, ce qui pourrait obscurcir mon jugement.

Le problème central des mecs indiens, c'est qu'ils sont censés ne pas pouvoir coucher avec, ni même embrasser une fille avant le mariage, événement décide par leurs parents autour de 28 ans. En revanche, ils ont la chance de pouvoir mater des films avec des filles superbes, a peine habillées (quoique ne pouvant pas non plus embrasser leurs partenaires cinématographiques, d'où une célèbre invention filmique indienne, le baiser indirect : genre la fille et le mec qui boivent successivement au même verre, trop torride…), et des films occidentaux (Sharon Stone jouit ici d'une forte notoriété). Il en résulte une tension sexuelle palpable, si vous me passez l'expression, dans bien des circonstances. Potentiellement, des qu'une fille mignonne entre dans une pièce, tout le monde la matte copieusement, l'air de se demander ce qu'elle porte sous son sari. Les indiens ne ratent pas une occasion de voir des filles élégamment déshabillées: La chaîne de télévision « fashion TV » a été surnommée « nipple TV », sous prétexte qu'une fois ils ont du voir dépasser un téton, et fait quasiment figure de porno. Ils lisent même « Cosmopolitan » pour apercevoir des photos de filles en lingerie, enfin bon vous l'aurez compris, ils sont un peu a cran.

Bien sur, comme dans tous les pays ou les hommes et les femmes sont ainsi sépares, les prostituées courent les rues (façon de parler, elles courent pas, en fait elles restent juste debout). Apparemment, il suffit de demander à la réception de l'hôtel pour qu'ils t'amènent une sélection de 4 ou 5 filles, pour environ 20 euros la nuit (c'est des Gudgeratis en vacances pour 3 jours a Mumbai qu'ils me l'ont dit, trois policiers mariés qui se tapent illégalement des putes, ça fait sérieux). 

Enfin bon, le rapport au sexe est assez oppressant, d'autant qu'en tant qu'occidental, je suis censé n'avoir aucun tabou, donc tout le monde me parle de cul à la moindre occasion (bar, repas, train, files d'attente, etc…) : t'as une copine, t'en as eu combien, t'as couche avec, a quel age, dans quelles positions, et autres détails croustillants et personnels.

Bien sur, quand on pose la question aux mecs, les filles sont toute aussi frustrées, et il prétendent tous qu'ils auraient pu s'en taper plein, mais qu'ils se réservent pour le mariage.

J'espère bientôt pouvoir compléter ça avec des opinions de filles, mais c'est pas gagne, car quand on parle avec une fille (rare), et qu'elle répond (très rare), on flippe de peur de sortir un truc qui la choquerait et la ferait se fermer, voire appeler un grand frère/père/oncle quelconque, et finalement on évite soigneusement tout sujet sensible.

 Ram-Ram (autre salutation indienne, il y en a un paquet, je devrais pouvoir tenir toute l'année avec une différente a chaque fois…)


P.S : Un indien devant se rendre a Munich m'a demande ou se situait le quartier des putes, et combien lui coûterait une fille de qualité « standard ». Des suggestions ?

par Thibault
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Lundi 30 juillet 2007

A la demande générale(...!) et sous les encouragements d'une multitude en émoi, je reprends là où je l'avais laissé mon labeur, et tel un Sysiphe bouffon, j'entreprends de vous divertir et de vous faire oublier vos lieux de travail, collègues ou clients tatillons, petit(e)s ami(e)s pénibles et j'en passe.

 

Je me rends compte que je ne vous ai jamais parlé de mon travail. Bon, le sujet vous passionnera pas, donc j'abrège: Je suis responsable de la réponse de mon entreprise à divers appels d'offre émanant des constructeurs automobiles locaux et étrangers implantés en Inde, sachant que ma boîte fabrique du textile pour sièges de voiture (mousse + textile + armature métallique). Ca implique technique, production, qualité, chiffrage, planning, sourcing et autres termes ésotériques plus ou moins vides de sens, l'apothéose étant atteinte avec l'intitulé de mon poste, "chef de projet" terme vagabond qui recouvre à peine l'ignorance des gens qui m'ont envoyé ici quant à la nature de ce que je devrai faire.

 

Plus amusant pour vous sera le récit de mes tractations sans fin dans les méandres de la pensée indienne. Un exemple simple: J'ai besoin de la description d'une machine composée de deux parties, et utilisée dans l'usine où je suis. Rien de bien compliqué: tout ce que je veux, c'est un schéma, les paramètres modifiables, les produits chimiques utilisés. Simple, pourrait-on croire.

 

Je vais voir le mec responsable de la machine, et lui explique ce dont j'ai besoin. Il m'écoute l'air attentif, et finit par me proposer un thé. S'ensuivent 20 à 30 minutes, période découpée ainsi: attente du thé, attente que le thé bouillant refroidisse, absorption du dit breuvage, attente du personnel chargé de débarasser, le tout meublé par mes tentatives de m'intéresser aux conjointes, enfants plantes vertes et activités citoyennes des quelques personnes rassemblées pour l'occasion, qui ne me sont d'aucune utilité mais qui sont bien trop curieuses de savoir ce qu'un "Raysahib" peut bien raconter, si bien que la totalité de l'atelier me regarde boire mon thé en se foutant de ma gueule. Suite à cet entretien, le responsable m'indique qu'il me fournira mes documents le lendemain.

 

Le lendemain j'arrive, et bien sûr il n'a rien. C'est seulement maintenant qu'il m'explique qu'il ne peut rien pour moi, et qu'il va m'accompagner au département d'engineering. Nous nous y rendons donc, expliquons mon cas à tout le département rassemblé pour l'occasion, explication qui n'a pour seule conséquence qu'une nouvelle invitation à boire le thé. Thé donc, deux tasses cette fois, à la suite desquelles on m'amène quand même le schéma d'une des deux parties de la machine. Je fais remarquer qu'il manque une des deux parties, mais le responsable de la machine me répond "t'inquiètes, je vais te montrer, en fait c'est bon". Plein de confiance (et de thé), je le suis donc, et répétant ma question devant la machine en question, il finit par me demander "Ah mais tu as besoin de ça aussi? Reviens demain, le type qui peut te donner ça n'est pas là aujourd'hui, je te le présente demain. Ah non demain je suis pas là, jeudi."

 

Je reviens jeudi, le mec est malade. Je vais donc voir son supérieur, j'expose mon cas, thé (vous aurez compris de quoi il s'agissait), et le type m'assure qu'il me donne tout ce dont j'ai besoin dans l'après-midi. Je reviens donc, thé, et il me donne une moitié d'un schéma, correspondant vous l'aurez compris (mon karma étant ce qu'il est) à ce que j'ai récupéré l'avant-veille. Informé du problème, mon interlocuteur me demande alors de revenir demander au premier type, celui-là même qui m'avait renvoyé vers lui. Samedi soir (et oui je travaille le samedi) je n'avais toujours pas les fameux schémas.

 

Mon boulot de chef de projet, donc, consiste à:

- faire la conversation

- boire plein de thés (mais alors plein plein)

- supporter les regards gentiment moqueurs que je déclenche en permanence en tant que seul blanc dans une usine de 4000 personnes.

On n'est vraiment mal formés en école d'ingénieur.

 

 

Bon, heureusement le boulot n'est pas tout dans la vie, et je fais plein d'efforts pour découvrir mon nouveau pays et ses habitants. Je suis notamment allé visiter Ramtek, petit groupement de temples vieux de 700 ans, pleins de singes et de vendeurs de noix de coco. J'ai eu mon petit point rouge sur le front (tilak), j'ai fait ma priere à Rama, et j'ai bien sûr payé le prêtre, rien n'étant gratuit ici et surtout pas la religion.  

J'étais seul avec mon chauffeur, Datu, qui ne parle pas anglais et m'oblige donc à faire des progrès exponentiels en Hindi, afin de comprendre, dans le désordre, qu'il vient d'avoir une fille, que je dois avaler l'espèce de poudre que le moine vient de mettre dans ma main, qu'un singe ça mord, que la clim marche pas dans la voiture, etc... Enfin heureusement on peut toujours parler des actrices de bollywood, sujet universel et consensuel dans ce pays de frustrés sexuels. Pour ceux qui trouveraient que je vis dans le luxe parce que j'ai un chauffeur, voir l'article sur le code de la route. Bref c'était très sympa. 

Ramtek.JPG

 

 

Bon sinon en vrac, je me suis mis au badminton, je suis les infos locales (deux morts dans une attaque de léopards, la brigade de police locale, appelée Jumbo force parce qu'à dos d'éléphant, n'a pas eu le temps d'intervenir, allez comprendre), je mange des kilos de mangues délicieuses, et m'habitue lentement au fait que le reste de la nourriture soit une mixture anesthésiante me permettant de me mordre la langue sans rien sentir.

 

Autre fait marquant, j'ai enfin réussi à parler à une fille. Elle s'appelle Manjula, de Calcutta, et elle parle à peu près autant si ce n'est plus que toutes les autres filles réunies que j'ai vu ici. Ca fait plaisir de voir une fille qui ose me parler et surtout croiser mon regard sans craindre la détérioration irrévocable de sa virginité. Enfin pas de fantasme, c'est pas exactement un canon de beauté, mais un peu de finesse dans un monde de brute font du bien.

 

 

Quoi d'autre, ah si, le titre de l'article, "Be Indian", référence aux panneaux disséminés un peu partout dans cette usine de fous (voir photo ci dessous). J'imagine assez bien la réaction d'employés français à qui on demanderait de travailler plus par "fidélité à la nation". Pourquoi pas demander à des syndicalistes de se soucier de l'intérêt général! 

 

Be-Indian.JPG


Bon, j'ai parle que boulot dans cet article, mais rassurez vous, je garde pour les prochains plein de sujets aussi divertissants que les Bollywood, les programmes télé indiens, les toilettes indiennes, l'explication de la mode de la moustache, et autres mystères jusque là inexpliqués.

 

 

Thibault, Definetely Indian.

 


par Thibault
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Lundi 16 juillet 2007

Me revoici donc, en pleine plongée acide dans la campagne profonde indienne, tel un Dr Gonzo difforme et halluciné à Las Vegas.

Première étape : découverte des environs. Il fallait que j'aille à Chhindwara pour me faire enregistrer auprès de l'officier de police local. C'est censé être à environ 70 km, je me dis, tranquille : « on part à 8h30 et on revient pour 11h30 en comptant large. » Je préviens donc le chauffeur.

J'avais un peu sous-estimé le trajet. Déjà le chauffeur (qui soit dit en passant a l'air d'un chasseur de tigre de l'époque coloniale, genre colosse impassible qui tue les tigres à la machette) arrive en 4*4, et là je me dis: c’est mauvais signe. On a en fait mis 3h30 pour y aller. Pourquoi me direz-vous?

 

Alors d'abord les routes, c'était route en terre à peu près tout le long, et quand je dis route en terre, je n'ai pas dit route en terre plate, attention. Donc au bout de vingt minutes j'ai compris que j'allais avoir mal au dos en revenant. Ensuite, la conduite indienne. Comment vous expliquer ça.

D'abord, distinguons la conduite à Mumbai et la conduite en Inde. A Mumbai, il ne semble pas y avoir de règles précises. Les clignotants ne servent a priori a rien, en revanche ils semblent avoir développé un système de communication via klaxon, genre 2 coups secs je tourne à gauche, 3 coups secs je tourne à droite, un coup long je te double du mauvais côté... Le 1 coup sec est réservé à l'éloignement de tout ce qui pourrait se trouver sur le chemin de la moto, genre vélo, enfant mendiant, camion, ou comme j'allais bientôt l'apprendre, vache, chien, char à boeufs... A moins que ce soit plutôt un coup pour tourner a droite, un coup pour tourner a gauche, un coup pour éloigner tout ce qui bouge devant vous, et qu’un coup de klaxon puisse être parfois avantageusement remplacé par deux ou trois coups si nécessaire.

Par ailleurs, dans cette campagne qui est désormais la mienne, les usagers de la route sont moins nombreux qu'à Mumbai, mais bien plus variés, et les vaches sacrées, chèvres et meutes de singes sont partout. Tu fais ton petit bonhomme de chemin, et puis tu tombes sur une vache, allongée parterre au milieu de la chaussée (enfin chaussée, je me comprends...), et tu restes comme un con à klaxonner jusqu'à ce qu'elle se lève. Il faut dire qu'elles sont tellement maigres qu'une fois arrivées au milieu de la route, elles ont juste dû tomber comme des vieilles loques et jamais réussir à se relever. Sinon je ne vois vraiment pas ce qu'elles trouvent d'agréable à rester au milieu d'une route indienne. Passons.  

Vache-sacr---e-en-ville.JPG

 

Une fois arrivés, on a bien sûr dû poireauter pendant 2h, le temps que le mec de la police consente à finir son énième thé (chaque fois que je demandais il finissait son thé, pendant 2h), et à regarder d'un air suspicieux la photo de mon passeport. Finalement on s'en est sorti sans pot de vin, et on est rentré 9h après notre départ (soit une erreur d'environ 200% sur le timing, pas mal pour un chef de projet), le dos en bouilli.

  

Par contre, j’ai passé l’aller retour à photographier les bords de la route, parce c'était vraiment magnifique, plein de petits villages pittoresques, avec temple, vaches sacrées et écolières en uniforme. Le truc le plus dingue dans tout ça, c'est les centres de formation d'informatique, qui ont l'air de s'être installés dans d'anciennes étables, et qui annoncent des cours de Java, .net et C++: incroyable. C'est fou la manière dont les gens parlent de l'informatique, surtout les agriculteurs, ils commentent les progrès de leurs gamins en informatique comme les afro-américains parlent des progrès de leurs enfants au Basket! Les gamins de dix ans qui savent à peine compter font déjà du Java! Il manque plus qu'ils récupèrent des manuels de formation SAP et pleins de gens dans cette mailing liste seront foutus ;)

 

Etape suivante: m’habituer a ma nouvelle résidence, plutôt calme (on croule pas sous les boites de nuit…). Les seuls jeunes ne sont pas pour l’instant très actifs, mais j’arrive a rencontrer quelques mecs sympas, grâce au lieu de socialisation incontournable : le bar, ou, moyennant plusieurs cuites hebdomadaires, j’arrive a nouer des relations via quelques trous de mémoires communs. Un des problèmes vient que la plupart des gens ne parlent pas anglais, ce qui m’oblige a travailler mon hindi sérieusement (enfin, j’essaye, parce qu’une fois ivre...)

L'autre attrait de l'endroit, c'est qu'il y a plein de singes, et paraît-il des cobras et des scorpions... Pour l'instant j'ai vu que les singes, je touche du bois!  

Aie--ca-doit-faire-mal.jpg

 

Ce week-end, petit détour par la bourgade locale, Nagpur, village de 4 millions d'habitant, avec ses temples, son marché bondé, ses bars narguilé (et oui, on se laisse par aller!), son petit parc, ses magiciens de rue, et ses spectacle de marionnettes. La aussi un peu limite question boites de nuits, mais qu’importe !

  

Bon, c’est un long article, enfin en même temps si ça vous intéresse pas vous pouvez toujours zappez le milieu pour passer directement à la partie où je vous fais plein de bisous vous les filles, et plein de poignées de mains viriles vous les gars.

 

Aller, profitez bien des vacances pour ceux que ça concerne, et pour les autres transpirez bien en costard!

 

P.S: aujourd'hui, je n’ai pas pu aller au boulot avant midi, la route était inondée. Trop dur ;)

  

La-route-du-boulot.JPG

 

P.P.S: Aujourd'hui, un Roumain a été débouté de sa plainte contre le dénommé Dieu, domicilié aux cieux et représenté en Roumanie par l'église Orthodoxe, plainte pour je cite "Escroquerie et abus de confiance". Les gens sont fous...

par Thibault
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Namaste Visiteur!



Bienvenue sur mon blog, relatant mes frasques indiennes.

Je suis arrive le 2 Juillet 2007 dans ce pays de fous, pour une duree minimum d'un an.

Je m'appelle Thibault, je suis ingenieur, et je travaille pour un equipementier automobile. Je partage mon temps entre Mumbai, la "Maximum City", et un village au milieu de nulle part, dans le Madhya Pradesh.

Voila pour les presentations.



Ce blog est fait pour toi, et j'espere que tu apprecieras la visite. Merci cependant de respecter les regles ci-dessous:

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