Le temps passe, le temps passe, et je néglige mon blog. Il faut dire que ce n’est pas un travail a temps plein (pas encore en tout cas), et que je travaille aussi. Dur même. On est d’ailleurs sur le point de démarrer enfin (ou déjà, je vous ai dit que les Indiens utilisent le même mot ?) la production. Ca y est, on a un chiffre d’affaire ! Bientôt on sera riches (enfin nos actionnaires en tout cas).
Enfin bref, épuise par tout ce travail, je me suis organise un petit week-end de repos. Et oui, pour une fois je ne travaillais pas le Samedi, qui était un jour férie (même que Nicolas est venu fêter ça en grandes pompes). Et donc, pas rancunier, je me suis organise un plan galère comme jamais, direction Parchmarhi, dans le Madhya Pradesh. Il faut dire qu’en matière de plan galère, le Madhya, 2e état le plus pauvre de l’Inde, est une mine.
L’idée était qu’a quelques kilomètres de l’usine, ou j’étais cette semaine la, se situait
une « station climatique ». Les stations climatiques, ce sont ces petits recoins de fraîcheur où se réfugiaient les colons anglais quand ils en avaient marre des 30, 40 ou 50 degrés que
peuvent connaître les plaines centrales de l’Inde, et que je vais expérimenter cet été. C’est donc un charmant village, sur un plateau a 1000 mètres d’altitude, en pleine foret, avec des cascades
qui glougoutent de partout…bref ça avait l’air idyllique. Ni une ni deux, je fais mon sac (un T-shirt de rechange, caleçons chaussettes, brosse a dent, et une veste, il parait qu’il fait froid)
et je pars prendre le bus.

Village de Parchmarhi
Pourtant je les connais les bus du coin. On pourrait croire qu’en voyant que le bus avait déjà 2h30 de retard (a 40 km de son point de départ), je me serais inquiete. Mais que nenni ! J’ai confiance, j’ai la foi ! Je grimpe donc dans le bus pourri, bien sur, mais béni de pleins de guirlandes de fleur, ça compense, pour les 120 km qui me séparaient de ma destination.
Apres 7h30 de route (soit une moyenne de 16 km/h, mais avec des pointes de vitesse avant les bosses, pour bien sauter) passées a trois sur une banquette pour deux, a cote d’une bonne femme qui n’a pas arrête de me parler en marathi (je croyais qu’elles étaient timides, mais je crois que ça leur passe après le mariage), j’arrivai donc épuise a Parchmarhi.
Bon, la spécialité du coin, c’est les cascades, donc vous ne couperez pas aux photos. Apres
location du seul véhicule du coin, le vélo pourri (sans braquet ni plateaux ni freins, mais avec une chaîne qui déraille des que tu pousses sur les pédales), et embauche d’un guide (moins cher
que le vélo pour la journée, bien qu’en bon état, lui), je passai la journée a me balader dans la foret, avec un final en coucher de soleil depuis le sommet local, a 4400 mètres. Ca a l’air de
rien, mais a cette altitude, en T-shirt, on se les gèle.


Paysages
autour du village
Et déjà c’était l’heure du retour à l’usine (ben oui, j’ai passe tout le Samedi a faire 120 kilomètres, ça vous gâche un week-end !). Sur le chemin, je m’arrêtai a la
« préfecture » locale, Chhindwara, pour donner le coup d’envoi du principal plan galère de ces prochains mois, j’ai nomme, la Demande de Renouvellement de Visa. Je rappelle qu’obtenir
un visa a l’ambassade de l’Inde a Paris ne m’a demande ni plus ni moins que 7 mois. Le renouveler au bureau de police de Chhindwara, Madhya Pradesh, me donne des nausées rien que d’y penser. Mais
après vérification, je ne peux tenter de le renouveler en France qu’après me l’être fait refuser là-bas. Se le faire refuser, ça a l’air facile, vous me direz, oui mais le prouver, c’est déjà
moins simple.
Donc j’arrive au bureau de police avec tous mes papiers (et tous mes mots d’Hindi, personne ne parlant anglais) a 14 heures, soit une heure avant mon Rendez-vous. On me dit que le type est parti boire un thé. Ce n’est que 4 heures plus tard, sous la menace de l’horaire du dernier bus pour l’usine, que la secrétaire me concède qu’il ne viendra pas aujourd’hui. Same player, Try again. Mais comme en plus d’être de mauvaise foi, elle est complètement incompétente, elle m’a colle un tampon sur mon passeport qui m’oblige a me présenter au poste de police de Mumbai dans les 3 jours (il faut dire que j’ai eu la mauvaise idée de lui dire que je partais a Mumbai). Puis il faudra que je me représente au bureau de police de Chhindwara, pour leur signifier mon retour. Que du bonheur.
Bref, pour le faire renouveler en France, il me faut un reçu, comme quoi ils ont bien récupéré tous mes documents: Formulaire de demande de renouvellement de visa en trois exemplaires, photocopies de passeport, de carte d’identité, mon CV et ma lettre de motivation pour ce boulot, le contrat de travail, la lette de déclaration comme quoi je vais payer les taxes indiennes, les lettres de mes employeurs indiens et français se partant garant pour toutes les conneries que je pourrais faire sur place, le document établissant la Joint-Venture entre mes employeurs Indiens et Français, et pour des raison que j’ignore, des feuilles de paye de mon précèdent emploi et mes déclarations d’impôt depuis 2005. Vous avez suivi ?
Une fois qu’ils auront vérifie que tout est conforme, et qu’ils m’auront donne un reçu, ils devront transmettre le dossier au Ministère de l’Intérieur Indien. La, le principal danger, apparemment courant, c’est que le dossier tombe dans le mauvais bureau et n’en reparte jamais. Les récits d’expats obliges d’arroser tout le monde en cash pour retrouver leurs dossiers sont légions sur le net... Si par chance, ils finissent par me refuser mon extension de visa en me procurant un document officiel, alors je pourrai revenir le faire en France. Pas gagne, hein ?
Engagez-vous, Rengagez-vous, qu’ils disaient…