Dans mon Etat, c'est juste une inondation normale, il y a 50 cm d'eau, et malheureusement les 4*4 passent encore, nous privant du charme tout colonial d'une croisière entre l'appartement et le boulot (ou pourquoi pas d'une chaise a porteur ?) Ca doit être moins agréable pour les villageois du coin dont la plupart des habitations sont en torchis avec des sols en terre battue, et qui doivent vivre dans une boue permanente.
Bon, pour reprendre le fil de mes histoires, il y a quelques jours, l'occasion m'a été donne de découvrir un nouvel aspect de la civilisation indienne, le train. Et comme j'avais décide de commencer fort direct, j'ai pris un train de nuit, direction l'usine d'un fournisseur.
Alors, la différence fondamentale, bien qu'en apparence insignifiante, c'est que les compartiments ne sont sépares du couloir que par un rideau. Ce détail, associe a la petitesse des lits, et aux arrêts fréquents du train (ici les trains de nuit ne sont pas directs), a une conséquence majeure : Les passagers montant et descendant du train a toute heure de la nuit effleurent fatalement la plante de vos pieds qui dépassent dans le couloir, empêchant de dormir même un prodige du sommeil tel que moi, pourtant capable de résister aux tentatives de réveil des pires succubes voulant me chasser de leurs lits.
J'arrive finalement à 4 heures du matin a Jalgaon, pour réaliser que contrairement a ce qu'on m'avait dit, personne ne m'attend à la gare. N'ayant aucun numéro de téléphone a appeler, j'en suis réduit a m'installer dans la gare, allonge sur mes bagages, et a attendre l'arrive des premiers rickshaws (taxi triporteur marchant a air comprime, pilote par des dingues), au milieu de pleins de gens : mendiants, charmeurs de serpent aux paniers sifflants et remuants, enfants des rues lorgnant mes mollets, etc...
Apres avoir visite un fournisseur produisant dans une espèce de hangar dont on se demande comment le plafond tient encore, et dont le patron, quand il pensait que je ne regardais pas, balançait des claques à ses ouvriers parce que j'avais fait remarquer qu'il y avait des défauts dans les produits, je pris le parti d'arrêter une seconde les plans galère, de revenir, par avion, vers Mumbai, la civilisation, et accessoirement la compagnie d'anglophones, et même de francophones via l'ambassade.
J'en ai profite pour visiter le tout Mumbai, temples et mosquées, bazars et cafés, (mention spéciale pour le marche aux viandes, et tout spécialement aux vendeurs qui te collent sous le nez des têtes de chèvres toutes fraîches), ainsi que les Elephanta Island, voir photos, ou l'on peut admirer des grottes sculptées en l'honneur de Shiva, dans un écrin de jungle émeraude et blouissant. A part ça rien de nouveau, si ce n'est l'entremêlement extrême (et le malaise qui en découle) de quartiers terriblement pauvres (genre le quartier des pécheurs, « gloomy » comme dit mon collègue), et des quartiers de bourgeois, touristes ou stars de cinéma.
En dehors de ça, petites balades sur la plage, massages de tête (ça parait bizarre, et en fait ça l'est) et petites découvertes culinaires, bref quelques jours en ville bien agréables, et en prime, la poursuite des mes amours avec le train indien. L'heureux élu fut cette fois le train de banlieue de Mumbai, dont la mairie a établi qu'aux heures de pointe la densité dans ces trains flirtait avec les 14 personnes/mètre carre. On s'y découvre des ressources insoupçonnées (méditation, voyage astral… où comment oublier que ses pieds ne touchent pas le sol).
A ce court récit de mes occupations récentes, j'aimerais ajouter quelques remarques a but pédagogique concernant les étrangetés indiennes notées ici et la lors de mes contacts indigènes:
- Dans une piscine, les indiens ne font pas des longueurs, ils font des tours de piscine, ce qui demande aux gens faisant des longueurs une vigilance constante.
- Les Indiens adorent les billets de banque : comme ils ont des billets 10 cents, 20 cents, 1 Euros, 2 euros…, ils accumulent les petites coupures plutôt que les gros billets, et passent des heures a compter des liasses épaisses comme un Larousse illustre pour payer une paire de chaussure ou un T-shirt.
- Les indiens ont des goûts musicaux allant du potable au franchement imbuvable. En matière de musique indienne, la plupart n'écoutent que les musiques de film Bollywood, à l'image des films en question, kitsch et a l'eau de rose. Les plus cultives s'intéressent a la musique occidentale, avec des perles comme Britney Spears, Shakira, Céline Dion, J-Lo, et plus étonnants, des réminiscences (ou devrais-je dire régurgitations) de Ricky Martin, ou pire encore, des Backstreet boys. Cette passion largement répandue pour les Backstreet Boys, de la part d’une partie cultivée de la population, ne lasse pas de surprendre.
- L'emploi du temps indien typique : Lever a 5 heures, 1h30 de Yoga, 1h30 de prières, avant de songer enfin a prendre un petit-déj et d'aller au boulot. Comment voulez-vous qu'ils aient l'air sains d'esprit ?
- J'ai acheté du dentifrice indien, aux herbes, avec des vrais morceaux d'herbe a l'intérieur ! Ca surprend, d'autant que le goût se rapproche d'un mélange d'eau de mer et de blanc d'œuf cru, très goûtu. A noter, la mention « pure veg », au contraire de nos dentifrices occidentaux aromatises a la cote de porc.
En dehors de ces petites et charmantes differences culturelles, le sujet le plus visible et le plus frappant concerne les relations entre garçons et filles. Je tiens cependant à préciser que pour l'instant je n'ai pas eu l'opinion de la part des filles indiennes, ce qui pourrait obscurcir mon jugement.
Le problème central des mecs indiens, c'est qu'ils sont censés ne pas pouvoir coucher avec, ni même embrasser une fille avant le mariage, événement décide par leurs parents autour de 28 ans. En revanche, ils ont la chance de pouvoir mater des films avec des filles superbes, a peine habillées (quoique ne pouvant pas non plus embrasser leurs partenaires cinématographiques, d'où une célèbre invention filmique indienne, le baiser indirect : genre la fille et le mec qui boivent successivement au même verre, trop torride…), et des films occidentaux (Sharon Stone jouit ici d'une forte notoriété). Il en résulte une tension sexuelle palpable, si vous me passez l'expression, dans bien des circonstances. Potentiellement, des qu'une fille mignonne entre dans une pièce, tout le monde la matte copieusement, l'air de se demander ce qu'elle porte sous son sari. Les indiens ne ratent pas une occasion de voir des filles élégamment déshabillées: La chaîne de télévision « fashion TV » a été surnommée « nipple TV », sous prétexte qu'une fois ils ont du voir dépasser un téton, et fait quasiment figure de porno. Ils lisent même « Cosmopolitan » pour apercevoir des photos de filles en lingerie, enfin bon vous l'aurez compris, ils sont un peu a cran.
Bien sur, comme dans tous les pays ou les hommes et
les femmes sont ainsi sépares, les prostituées courent les rues (façon de parler, elles courent pas, en fait elles restent juste debout). Apparemment, il suffit de demander à la réception de
l'hôtel pour qu'ils t'amènent une sélection de 4 ou 5 filles, pour environ 20 euros la nuit (c'est des Gudgeratis en vacances pour 3 jours a Mumbai qu'ils me l'ont dit, trois policiers mariés qui
se tapent illégalement des putes, ça fait sérieux).
Enfin bon, le rapport au sexe est assez oppressant, d'autant qu'en tant qu'occidental, je suis censé n'avoir aucun tabou, donc tout le monde me parle de cul à la moindre occasion (bar,
repas, train, files d'attente, etc…) : t'as une copine, t'en as eu combien, t'as couche avec, a quel age, dans quelles positions, et autres détails croustillants et
personnels.
Bien sur, quand on pose la question aux mecs, les filles sont toute aussi frustrées, et il prétendent tous qu'ils auraient pu s'en taper plein, mais qu'ils se réservent pour le mariage.
J'espère bientôt pouvoir compléter ça avec des opinions de filles, mais c'est pas gagne, car quand on parle avec une fille (rare), et qu'elle répond (très rare), on flippe de peur de sortir un truc qui la choquerait et la ferait se fermer, voire appeler un grand frère/père/oncle quelconque, et finalement on évite soigneusement tout sujet sensible.
Ram-Ram (autre salutation indienne, il y en a un paquet, je devrais pouvoir tenir toute l'année avec une différente a chaque fois…)
P.S : Un indien devant se rendre a Munich m'a demande ou se situait le quartier des putes, et
combien lui coûterait une fille de qualité « standard ». Des suggestions ?