Reprenons donc la ou le manque de temps nous avait grossièrement
interrompu: nous partions vers le Nord, a destination de Chiang Mai, la ville aux 400 temples. Apres Bangkok, et son frénétisme de fourmilière dans lequel on aurait balancé des pétards (non, je
l’ai jamais fait, j’imagine juste), Chiang Mai semblait agréablement calme, comme une ville de campagne endormie, malgré ses centaines de milliers d’habitants. Le soir de Noël, nous mangions dans
le meilleur restaurant de la ville, au bord de la rivière, et profitions des spécialités locales : poisson aux trois parfums et bananes frites pour moi, Poulet au basilic thaï et dessert a
la noix de coco pour Elodie, arrosé de Margarita. Atypique repas de Noël, mais délicieux ;) Le lendemain, nous visitions les
environs, et notamment la colline de Doi Suthep et son temple, au milieu d’un charmant parc naturel. Nous explorions un petit village tribal, a peine perturbe par les enfants sortant de l’école,
et apprécions un bon arabica dans le cadre idyllique d’une plantation de café.
Le
Temple de Doi Suthep
La Plantation de Cafe
Enfants Hmong
Un peu de repos (et de confort, genre une douche) était nécessaire, car les journées suivantes nous verraient plonger plus profondément dans le nord de la Thaïlande, rurale, pour ne pas dire
sauvage.
Nous prenions d’abord un bus, jusqu'à Tha ton (3h30, 110 km). Puis nous poursuivions notre chemin en bateau (4h, 40km), le long de la rivière, jusqu'à Chiang Rai. Arrives aux confins de la
Thaïlande, a la frontière avec le Laos et la Birmanie, nous partions dans un mini trek de deux jours. Partant d’un camp d’éléphant au bord de la rivière, nous atteignions au soir un petit village
Karen dans les collines. Installes dans une maison en bambou, nous profitions du massage administre par les femmes du village.

Le camp d'elephant

Le
Village Karen

Enfants Karen
Puisque j’en suis au chapitre du massage thaï traditionnel, je voudrais crier à l’imposture. J’accuse la propagande faite autour de ce moment suppose de détente. Le massage thaï, quand il n’est pas adouci pour les touristes, ressemble furieusement à une séance d’étirement chez le kiné, une des expériences les plus douloureuses qu’il m’ait été donne de vivre. Apres un bon massage traditionnel, on est a peine capable de marcher et on a l’impression de s’être fait marcher dessus par un des éléphants locaux. Passons.
Nous assistions également aux occupations habituelles du village
(tissage, musique, danse) au milieu des bruits d’animaux peuplant le village (porcs, poules, chiens par dizaines) dans un décor magique, dans les collines bordant le triangle d’or, haut lieu du
trafic de l’opium. A noter, l’intérêt profond, renouvelé et incompréhensible d’Elodie pour les cochons qui peuplent les villages, et qui seraient d’après elle « mignons » (je n’ai pas
pu me résoudre a lui dire qu’ils étaient élevés pour être mangés, si quelqu’un en a le courage…)
Le lendemain, une nouvelle randonnée devait nous mener jusqu'à la
cascade la plus proche, qui nous tint lieu de douche, au plus grand soulagement de certaine (c’est fou de voir a quel point une fille ne peut pas survivre sans une douche quotidienne ;)
après un repas cuisiné et servi dans le bambou, au milieu de la jungle.
Thibault nettoie son bol de bambou dans le ruisseau...

Thibault dans la douche
Mais déjà il était temps de quitter cette partie de la Thaïlande, pour rejoindre les plages paradisiaques du sud (dit comme ça, bien sur, ça a l’air facile, mais on était triste de quitter la jungle, et surtout, de retrouver les foules touristiques du sud). Apres une petite balade en avion, un détour par les marches flottants de Bangkok, et une nuit en bus (le terme palace serait plus approprié après mes expériences du bus indien), nous arrivions a Krabi, porte de la côte Andaman. Mais ça, ce sera pour le prochain poste…