My Burmese days

Publié le par Thibault

La Birmanie… c’est un drole de pays, complexe, deroutant, complique parfois, savoureux souvent, ou l’on est poursuivis par des individus louches semblant travailler pour le gouvernement, ou l’on slalome entre les check points, ou l’on bataille avec son argent, entre dollars trop “sales” pour etre acceptes et kyat dont personne ne veut, pas meme le gouvernement qui les emet, parce que tout le monde sait que ca ne vaut rien. C’est un drole de pays.

 

Arrivee a Rangoon, 5 Aout 2009, en provenance de Bombay via Bangkok. Bangkok est quasiment la seule porte d’entrée dans le pays (avec Taiwan et Singapore). L’immigration se passe bien, a ceci pres que la couverture de mon passeport est tombee en morceau. Pas grave, 3 points de suture, ca ne derange personne pour l’instant.

 

Je me balade dans Rangoon, ville etrange, peuplee de birmans, indiens, pakistanais, chinois et ethnies locales en tout genre, de voitures datant de la guerre froide et perpetuellement reparees, de militaires et policiers vous jaugeant du regard… La ville est a peu pres morte la nuit, a l’exception de Chinatown ou l’on peut boire de la biere jusque tard dans la nuit, et d’un ou deux bars (ce n’est pas une figure de style). Exceptions notables (après tout, on est en Asie du Sud-Est): les 3 ou 4 bars a pute qui, pour ce que j’en ai vu, ne font pas vraiment recette.

 

Je rencontre un ecossais et un belge a la Guest House, et nous filons le lendemain vers la gare routiere, d’ou nous partons vers Kalaw. Petite ville dans les collines non loin d’Inle Lake, la ville etait il n’y pas si longtemps au coeur d’une des nombreuses insurrections qui dechirent le pays depuis 60 ans. La ville est paisible ces jours-ci, cependant, et nous arrangeons un trek de 4 jours pour rejoindrr Inle Lake. Notre guide, pakistanais et nomme Jimmy (bizarre, mais bon, on s’attend a tout ici) nous balade a travers les villages tribaux de la region, entoures de rizieres et de plantations de The verdoyantes.

 


 



Nous dormons dans des villages et dans un monastere (bouddhiste, bien entendu). Les soirees sont longues, et nous nous occupons en jouant au poker et en buvant le Whisky local (“fait a partir de concentre de wkisky importe, et mis en bouteille sous la supervision d’experts internationaux! 1,5 euros la bouteille!). C’est la saison des pluies, et les moustiques nous menent la vie dure (un autre voyageur rencontre sur la route a reussi a attraper la palu…), mais c’est surtout la boue qui est epuisante. Les sangsues prelevent aussi leur tribut (et m’ont file une belle infection au pied, toujours pas guerie). Mais les paysages sont superbes, et les gens adorables.




Nous sommes encore hors du sentier battu, un sentier battu dont nous ne connaissons pas encore l’existence, mais que nous rejoignons a Inle Lake, après 4 jours de trek.

 

 


Et oui, je sais ca surprend, mais la Birmanie, ca peut aussi etre touristique. Inle Lake est un lac superbe, entoure de villages et de potagers flottants, et envahi de touristes (et encore, on est hors-saison). Nous filons sans demander notre reste, mais non sans avoir profite d’un massage birman traditionnel, a base de types qui te marchent dessus, qui te coupent la circulation sanguine, qui te mettent un doigt dans chaque oreille par surprise jusqu’a ce que tu ne sentes plus tes oreilles… Bizarre!

 

D’Inle Lake, nous suivons le sentier touristique vers Mandalay, grande ville et plus forte concentration de moines du pays (et ca fait beaucoup). La ville ne paye pas de mine, a l’exception notable du Show de Par Par Lay et des Moustache brothers. Les 3 freres, opposants politiques de renommee internationales, ont fait de la prison, simplement pour avoir presente un spectacle moquant le regime. Aujourd’hui, il leur est interdit de jouer devant un public birman dans la rue, mais ils continuent de jouer, malgre les peines de prison intermittentes, dans un minuscule local, pour les touristes etrangers, esperant ainsi etendre a l’etranger la connaissance des mefaits de la junte militaire.


 


Mandalay est surtout interessante pour les ruines environnantes. Les rois birmans ont en effet une etrange tradition: ils construisent des nouvelles capitales. Mandalay est l’avant derniere capitale ainsi cree a partir de rien, et est entouree de 3 precedentes capitales, visitees en char a boeufs sous une pluie battante. A noter que les generaux birmans, peut-etre comme une tentative de s’identifier a la monarchie birmane, ont eux aussi transfere la capitale du jour au lendemain de Rangoon a une ville nouvelle, nomme Naypyidaw, ou Demeure des rois, faite de budget publique et de travaux forces, interdite aux visiteurs.

 

Apres avoir vainement tente de quitter le circuit touristique en prenant un train vers le Nord (raison: la gare, enterprise gouvernementale, a considere que nos dollars n’etaient pas assez bons pour eux. Quant a accepter leur prope monnaie, le kyat, n’y pensez meme pas), nous nous dirigeons vers Bagan, dans un bus fort pittoresque. Entasses comme des sardines entre sacs de riz et panniers de poisons seches, je finnissais par m’endormir comme une souche (bien aide par une petite flasque de whisky) sur les sacs de riz dans l’allee centrale. 150 km et 8 heures plus tard (ouais, ca fait pas vite, hein?), nous arrivons a Bagan, une des perles de l’Asie du Sud-Est.

 

Bagan, comme le dit le Lonely Planet: “Imaginez que vous mettiez toutes les cathedrales et eglises du monde sur une ile de la taille de Manhattan, rajoutez-en une petite couche pour faire bonne mesure, et vous commencez a avoir une idée de la folie templiere de Bagan.” C’est spectaculaire!

 


 


 




Les temples en eux-memes ne sont pas parmi les plus magnificents que j’ai vu, mais leur nombre defie l’imagination, offrant des vues impressionantes. Pour le premiere fois, le temps n’est pas (trop) a la pluie, et nous cheminons a velo sur des sentiers solitaires serpentant entre les ruines. Le Poker occupe toujours les soirees, et jouant d’une malchance assez effroyable, je dois laisser la victoire finale (sur l’ensemble du voyage) a mon ami ecossais.

 

Fatigues de voir des touristes a chaque coin de rue (c’est la birmanie, bon sang de bois!), nous decidons de partir pour Mrauk U, apparemment accessible uniquement par avion plus bateau depuis Rangoon. Mais nous sommes a seulement 150 Km de Mrauk U, et presque 600 km de Rangoon. Une carte de Birmanie montre bien une route, mais la legende indique “route possible” (mais qu’est ce que c’est qu’une route possible?). Finalement, un local nous indique qu’un bus part d’un village a une dizaine de kilometres de Bagan, mais qu’il n’y pas de routes pour y aller. Nous prenons donc nos sacs et marchons jusqu’au village. Mais nouveau probleme: les etrangers ne sont pas autorises sur cette route… Apres negociation avec le chauffeur, il accepte de nous emmener (contre retribution). Avant chaque check-point, il nous fait descendre du bus, nous contournons le check-point dans la jungle, et remontons dans le bus 1 km plus loin… Bon, risqué, mais ca a le merite d’avoir marche.

 

Nous arrivons après 20 heures de bus (oui oui, 150 km…) a Mrauk U. C’est un peu comme Bagan, mais le climat, tres different, a modele les temples d’une autre facon. Les temples de brique de Bagan, places sur une plaine aride, sont ici remplaces par des temples en Pierre vermoulues, enfouis dans la jungle.




L’endroit ne voit que tres peu de touristes, et les villages perdus au milieu des temples sont tres vivants (avec un magique “snake show” que je ne suis pas pres d’oublier).




Les bergers baladent leurs chevres et leurs vaches, les moines chantent, et nous profitons finalement d’une relative solitude. L’electricite ne fonctionne que 3 heures par jour, l’eau courante encore moins longtemps (eau courante froide, cela va sans dire ;), nous sommes regulierement suivis par des informateurs (la zone est tres controlee, l’insurrection locale, Arkanese, etant encore active) mais c’est enfin ce que nous cherchions!

 

Le 3e jour, nous partons par bateau vers les villages “Chin” environnants, celebres pour leurs femmes, dont le visage est couvert de tattouages figurant une toile d’araignee. Notre guide est tres sympa, et est peut-etre la premiere personne a nous parler ouvertement de politique. Les villages sont superbes, niches dans les meandres de l’Irrawady.

 


 

Mais c’est deja l’heure du retour! Le visa expire bientot, et nous prenons le bateau, puis l’avion vers Rangoon. A Sittwe, une carcasse de Myanmar Airways prend la pluie sur le cote de la piste d’atterissage, mais notre vol se passe bien. Notre dernier jour a Rangoon est principalement passé a essayer d’apercevoir la maison d’Aug San Suu Kyi, recemment assignee, de nouveau, a residence, mais les policiers nous bloquent le chemin, malgre divers tentatives via des routes differentes. Finalement, un dernier verre de Myanmar Beer, un dernier repas de pattes de poulet au Barbecue a Chinatown, et nous prenons l’avion pour Bangkok, ou je suis encore en train de faire la fete, avec mes compagnons belges et ecossais, et ou je profite enfin d’une connexion rapide (le Myanmar, pour Internet, c’est l’enfer!) pour mettre a jour mon Blog. L'album photo est a droite.


 

Votre fidele serviteur, Bangkok, le 4 Septembre 2009

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Max 10/09/2009 11:00

C'est toujours aussi palpitant, à ce que je vois ! Bravo en tout cas, c'est toujours aussi agréable de te lire.
De mon côté, je me dirige aussi vers l'Asie : je pars en VIE avec Michelin, à Shenyang, en Chine du Nord.

A bientôt !

othom 05/09/2009 01:23

Superbes photos et texte très agréable à lire. Merci pour ce voyage si dépaysant.