Darjeeling, un temps de retard...

Publié le par Thibault

Et me voila parti, on the road again, pour le lointain royaume du Sikkim, au Nord de Calcutta (aujourd’hui appelée Kolkata). Un petit plateau creuse de profondes et mystérieuses vallées, entre le Népal, le Bhoutan, la Chine et l’Inde. A l’ouest, a la frontière du Népal, se dresse le Kanchenjunga, 8598 mètres au garrot, 3e plus haute montagne du monde, dominant toute la région.

 
Direction donc Kolkata, par avion, puis après 16 heure de bus (dont 5 heures de retard, on n’est pas a ça près), je commence a découvrir les joies des jeeps collectives locales. Une jeep collective kezaco. C’est une voiture tout terrain prévue pour 8, ou on rentre a 18. Plus deux sur le toit. Lorsqu’il se mit à pleuvoir, le chauffeur, prévenant, donna une bâche aux passagers voyageant sur le toit. Top confort…

Concrètement comment ça marche : On range ses fesses entre les deux postérieurs des grands-mères, on intercale ses jambes avec entre celles de la charmante jeune fille d’en face, et sur la plateforme ainsi créée, on assoit, de préférence, les enfants, deux en l’occurrence. Une fois que plus rien ne bouge et qu’on est bien cales, on est parti pour 4 heures. Un mec du Myanmar m’a dit qu’une fois, il avait vu une jeep avec 40 personnes dedans, sur le toit, sur les marchepieds… Il bluffe, non ? On vote ? Pou illustrer l’idée, voici une photo d’un bus que j’ai pris dans le Madhya Pradesh il y a u petit moment déjà :

 

               

 

Et me voila arrive a Darjeeling ! Et oui, Darjeeling ce n’est pas qu’une marque de Thé, c’est aussi une « station climatique », entendez une oasis de fraîcheur implante en altitude par nos amis les anglais, qui se morfondaient dans les plaines brûlantes de la saison chaude, et soupiraient après leur cher climat londonien… Et c’est donc assez logiquement, et même avec un certain plaisir, que j’arrivai a Darjeeling dans une brume épaisse et pluvieuse…

 

Darjeeling est situe tout près de la frontière du Bengale Occidental et du Sikkim, sur une crête qui donne sur le Kanchenjunga (et soi-disant les jours clairs, jusqu'à l’Everest…). Une des attractions de la ville est le lever de Soleil sur le Kanchenjunga. Apres avoir passe la nuit dans le bus (plein de sommeil, mais alors plein…), je me levai donc a 3h45 du matin (masochiste ? Moi ?) pour grimper jusqu'à Tiger Hill (oui, ici, les collines font 3000 mètres d’altitude…), et prendre LA photo:


  
 

La ville a garde, par endroits, un petit je ne sais quoi de la colonie anglaise, comme au Glenary’s, ou l’on savoure une théière d’un cru local avec de délicieux biscuits, sur la véranda, profitant de la baie vitrée et de la vue sur la ville…

Le lendemain était un jour de fête, l’anniversaire de Bouddha (toute la région est a majorité bouddhiste). La ville abrite notamment le gompa (monastère) qui conserve le Bardho Thodol, le célèbre livre des morts tibétain. Celui-ci, récité par un lama près du mourrant lors de l’agonie, permettrait d’échapper au cycle des réincarnations… La ville comprend donc de nombreux moines, et une grande procession prit place dans la ville, soufflant dans les grandes trompes tibétaines, les coquillages rituels, et jouant des percussions sacrées…

 

Mais déjà il était temps pour moi de partir, direction le Sikkim. Pour cela, il me fallait obtenir un permis spécial, en raison de la proximité des frontières. Il fallut donc aller à un bureau chercher un formulaire, aller le faire remplir à un autre bureau (à l’autre bout de la ville, qui est en pente, et sous la pluie), puis revenir au premier bureau pour le faire tamponner… Cela serait plus facile si tout se passait dans le même bureau, mais ne leur demandez pas d’être logique : ils ont déjà été rapides et efficaces, ce n’est pas tous les jours qu’on peut dire ça de l’administration indienne.

 

Et voila, j’étais fin prêt a partir, sous une averse, de nouveau, diluvienne. Sur le départ, deux panneaux routiers m’interpellaient. Le premier précisait :

 

  • « The rule of the road is a paradox quite : Stay on you left, and you’ll be always right » (Pour les francophones purs et durs, on pourrait traduire par : le code de la route est plutôt paradoxal : restez sur votre gauche et vous serez toujours dans votre bon droit : Notez, surtout celles qui font leur conduite accompagnée en ce moment, qu’en Inde on conduit a gauche ;) J’espère que mon chauffeur est au courant… De toute façon la piste est si étroite qu’il ‘y a pas vraiment de gauche ou de droite.

 

  • « Leprosy is curable : don’t fear it, treat it » (La lèpre se soigne : ne la craignez pas, traitez la) : euh, d’accord, on fera attention.

 

Et nous voila partis à l’assaut des montagnes…

 

 

 

P.S : comme je le raconterai plus tard, j’ai casse mon appareil photo pendant le voyage, et ma carte mémoire est partiellement irrécupérable… L Moins de photos que d’habitude donc, sorry…

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M
Quand je te disais que les transports dans le Tiers Monde, c'était galère... le coup de la bâche, ça m'a rappelé ma propre bâche sur la panga entre El Rama et Bluefields : trop courte, trop étroite, donc quand tu est sur le côté, non seulement tu dois la tenir, mais tu n'en profites pas du tout puisque tu te prends toutes les dégoulinûres sur le coin de la tronche...<br /> <br /> Merci encore pour ton blog, c'est de la balle !
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B
merci pour ce beau voyage, et pour toutes ces infos<br /> très enrichissant !<br /> à très bientôt
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