Le jour le plus long...

Publié le par Thibault

Voici un petit article sur ma tentative de retour en Inde, après mes (courtes) vacances françaises.

Je rappelle qu’après bien des démarches et négociations, nous avions obtenu du bureau de Delhi l’extension du visa pour une période d’un an. En quittant l’Inde, pris d’un doute, je montrai les différents documents fournis par l’administration indienne au Bureau d’immigration de Bombay, qui, un peu sceptique, me demandait de faire réaliser, en Inde, un permis de séjour.

 

Je passai donc une partie non négligeable de mon temps en France à obtenir ce papier, qui me fut finalement envoyé peu avant de quitter le territoire.

 

C’est donc plein d’enthousiasme que je me rendais a l’aéroport de Paris Charles de Gaulle. Déjà, là-bas, c’était le bordel. Apres avoir fait la queue pendant deux heures pour m’enregistrer, puis d’une heure au portail de sécurité, l’on annonçait l’embarquement de mon avion. Alors que je me décide à doubler tout le monde, les agents de sécurité, d’un grand coup de sifflet, évacuent tout le monde a cause d’un bagage abandonné, prétendant que les avions vont être retardés. C’est donc avec étonnement que j’entends mon nom être appelé : « Thibault Blanc est appelé de toute urgence porte 23, sous peine d’annulation de son billet ».

Bien sur, la police ne me laisse pas passer, et c’est donc tout essoufflé que j’arrive à la porte 23, après qu’ils aient fait exploser ce maudit sac, vraisemblablement rempli d’un mélange hautement instable de sous-vêtements en dentelle. Les salauds d’Air France étaient juste en train de fermer la porte. Ouf !

 

Une fois dans l’avion, tout va bien. Ce n’est qu’une fois arrivé que je compris ma douleur. En effet, l’officier de l’immigration regarda tous mes papiers d’un œil suspicieux. Il appelle son chef, qui appelle son chef, qui m’emmène dans une salle nue, a l’exception d’une table et de deux chaises, ainsi que d’un miroir sur le côté. Vinrent ensuite toutes sortes de questions, que fais-je en Inde, transportez-vous de la drogue, avez-vous déjà eu des ennuis avec la police indienne… A priori pas de problèmes, mais toujours pas d’autorisation de rentrer en Inde. Mes papiers circulent entre les fonctionnaires, dubitatifs, qui palabrent en Hindi. Ce que je comprends me donne des sueurs froides, puisqu’ils vérifient notamment l’horaire du prochain avion en partance pour la France. Apres 2h30 de débats stériles, ils appellent leur chef, qui jette un coup d’œil a mon passeport, aboie un coup ou deux, et signe mon refus de me laisser rentrer sur le territoire.

 

Un hurlement strident monte et résonne en moi, et je le retiens a grand-peine : s’il y a bien une chose que j’ai intégré en Inde, c’est qu’on obtient rien d’eux en leur criant dessus.

 

Me voila donc accoste par une demoiselle Air France, qui me demande comment je compte payer mon billet de retour. Un chouia énervé (je croyais qu’au moins on me renvoyait gratuit), je lui donne ma carte de crédit (assortie d’une malédiction sur 7 générations). Et la, miracle : ma carte est refusée par l’appareil. Pressés par le temps, ils me mirent malgré tout sur le vol, me demandant d’arranger le paiement une fois a l’arrivée.

Bien sur, une fois a l’arrivée, je filai sans demander mon reste et partai, après 22 heures de vol au total, chercher mon sac.

 

Quand on attend son sac autour du carrousel à bagage, et que petit a petit chacun reçoit son sac et s’en va, et qu’on reste tout seul, on n’arrive pas à y croire. Et quand le tapis s’arrête, et que l’on a passé la nuit que j’ai passé, on est très prêt de craquer. Heureusement, après avoir déclaré la perte du sac, la mort dans l’âme, et alors que j’allais partir, je me rendis compte que, miracle, le tapis s’était remis en marche, et que ma valise, seule, tournait joyeusement ! Je soupirais tellement fort que je faillis m’étouffer dans les vapeurs de vin que j’avais bu pour essayer de dormir dans l’avion…

 

Il ne restait plus qu’a retourner au bureau, entamer des démarches pour un nouveau visa.

Le plus pénible et gênant c’est que les officiers de l’immigration n’ont même pas voulu me dire ce qui n’allait pas dans mon dossier. Du coup je ne sais pas comment faire pour y retourner. Je cherche…

 

Benchod (motherfuckers)

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Commenter cet article
D
J'ai toujours autant de plaisir à te lire ! J'espère que tu as pu régulariser ta situation et que tu es prêt à retourner en Inde !<br /> En tous les cas, cela m'aura permis de te revoir et j'en ai été très heureuse !<br /> Courage et plein de bisouxxx Cathy
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E
Et ben mon vieux...
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M
Donc, si je comprends bien, t'es encore en France ? Bah merde alors...<br /> Remarque, ce sont des vacances prolongées au moins ;-)
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