Je suis de retour... Grrrr
Me revoilà, revenu d’entres les officiers de l’immigration ! Je suis retourne en Inde le 29 Juillet, et après quelques sueurs froides, je me retrouvais dans l’étuve mumbaiite a nouveau. Une petite soirée m’attendait le lendemain, ou je reprenais sans transition le rythme de sommeil (ou plutôt de son absence) qui est la norme ici, retrouvant avec plaisir les blagues sur mon accent français et les tentatives d’arnaque des chauffeur de rickshaw ;)
La mousson est toujours la, mais plutôt sous la forme de douches rafraichissantes que d’inondation, en tout cas a Mumbai (le Bihar, au Nord de l’Inde, affronte les pires inondations depuis longtemps, avec des millions de gens déplacés et un nombre inconnu de victimes…) L’automne arrivera bientôt, sans doute la saison la plus agréable en Inde. Mais en ce moment, a Bombay, l’événement c’est le festival de Ganesh Chaturthi.
Ganesh, ca vous dit quelque chose, j’espère ? C’est le dieu a tête d’éléphant qu’on peut apercevoir en haut a gauche de mon blog. Les histoires justifiant son autonomie sont multiples, mais la plus répandue est celle-ci :
Shiva, dieu de la destruction et de la création régénératrice, était partie a la guerre (ou méditer dans les Himalayas, les versions diffèrent). Apres bien des années, Parvati, sa douce (pas si douce que ca d’ailleurs), s’ennuyant a mourir, décide de se créer un fils (elle fit un bébé toute seule… bref). Elle modela donc un enfant a partir du bois de santal qu’elle utilisait pour son bain, et lui insuffla la vie. Un rien autoritaire, elle lui commanda de garder la porte de la maison tandis qu’elle prenait son bain.
C’est là que Shiva ramène sa poire. Les deux ne se connaissant pas, Ganesh décide de lui interdire l’entrée de sa maison. Ni une ni deux, Shiva, pas lunatique du tout, sort son trident et décapite l’impudent. Parvati émerge alors de son bain (qui apparemment dure rien moins que des années), et, découvrant son Pinocchio décapité, et la tête introuvable, entre dans une rage folle. Changeant de forme, elle se transforme en Kali, déesse de la mort, et menace de détruire la Terre, le Ciel et le Monde Souterrain. Shiva, un peu flippé quand même, promet de ramener le bonhomme de bois de santal a la vie, en lui greffant la tête de la première créature vivante qu’il croisera, qui se trouva être un éléphant (il aurait plus mal tomber, la probabilité qu’il avait de tomber sur un cafard était bien supérieure..).

Ganesh est aussi réputé avoir rédigé, sous la dictée du vieux sage Vyasa, le Mahabharata, la grande épopée hindoue, en se servant de sa défense, raison pour laquelle il ne lui en reste qu’une.
C’est le Dieu de la sagesse, de l’intelligence, de l’éducation et de la prudence, celui qui enlève les obstacles (on le trouve dans tous, absolument tous, les véhicules, voitures motos camions. Si l’Inde construit un jour une navette spatiale, une chose est sure, il y aura une statuette de Ganesh dans le cockpit) C’est enfin le messager des Dieux, celui a qui l’on s’adresse pour faire entendre ses prières.
Et donc, en ce moment, c’est sa fête. Ca dure 9 jours, et concrètement, c’est le bordel. Trois jours sur les neufs, les gens descendent dans les rues, trimballent des statues de Ganesh en tapant sur des tambours, en balançant de la poudre rose sur les gens, et en dansant comme des acteurs de Bollywood sous amphétamines après une greffe de la hanche. Bref, pendant ces 3 jours, circuler a Bombay c’est l’enfer, surtout le dernier jour, ou tout le monde converge avec ses statues de Ganesh vers les plages, ou les statues sont immergées au milieu des chants et des explosions de pétards. Oui, 15 millions de gens dans les rues, c’est pas facile.

Cela dit, l’ambiance est très sympa, et on rigole bien (a condition de pas être pressé pour quoi que ce soit !)
P.S : a l’initiative d’Elodie, je suis allé visiter le site www.babyloan.org, un site de microcrédit qui vous propose de prêter des sommes modiques afin de soutenir des petits entrepreneurs partout dans le monde (ce n’est pas un don, c’est bien un prêt : on récupère donc son argent, tout en aidant quelqu’un a sortir de la misère) C’est très bien expliqué, et c’est une initiative assez géniale.
Et puis pour ceux que le microcrédit intéresse, lisez le livre de Mohammad Yunnus, le prix Nobel d’économie, « Le banquier des pauvres », qui explique comment sa banque, au Bangladesh, a sorti des gens d’une misère noire en leur prêtant 20 cents…